Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

31H IIIS'l'OIRI<: SOCIALISTE Necker, etc., en l'ont partie. Les ilgents de ce parti sont, à Paris, M·" de Staël et de ~lontholon, à qui -le Danemark, la Suède el le prince Henri de Prusse ont fourni quelque numéraire» (l'armée et la Révol11tion: Dubois-Crancé, par Jung, l. Il, p. 229). De son côté, Pichegru regrettait son commandemcnl et les facilités quïl lui donnait; '"oulant surtout travailler pour son propre compte, il songeait à se ménager !"appui des Autrichiens. D'accord pour ren- ,,erser le ré,;ime républicain, les adversaires de la République étaient. donc divisés entre eux; el la campagne commune menée par eux n'empêchait pas les riyalités inc1uièles de leurs •li verses fractions, chacune aspi ranl à accaparer Je ùénéfice de rœuvre réactionnaire à laquelle tous concouraient. • La réunion d~ Clichy en l'an V avait pour but le renversement du gouvernement de l'an Ill; personne n'en doute. Eli~ aurait ,•raisemblahlemenl réussi dans ses projets, si elle avait pu s'entendre sur le gouvernant qu'elle voulait substituer au Directoire, el surtout si elle avait mis dans ses intérôts le général qui commandait l'armée d"llalie; mais elle 6lait divisée en trois par lis qui ne voulaient rien céder de leurs prétentions i'éciproques • (J. M. Savary, Mon examen de conscience sw· le 18 brnmaire, p. 6), Penùant que les royalistes dits conslilulionnels préparaient les élections, l'agence de Paris, obéissant aux instructio11s de !"entourage.du prétendant, - elle avail "réellement lies pouvoirs de Louis XYIIl donnés à Yérone, le, 25 février 1i96 • (Sciout, le Directoire, t, Il, p. 272i -cherchait par un coup de main à obtenir un succès plus rapide; de là, lè' complot de Drolhier. Il y avail à celle époque un homme bien vu par tous les antirépublicain~, c'élait un ancien moine mendiant, le chef d'escadron de dragons Malo qui, d'après Thibaudeau (Mémoires, ·1. Il, p. Si), • n'était pas très difficile sur les moye11s de faire son chemin • : tous )e louaient de son allilude scélérate contre les patriotes, lors de l'affaire du camp de Grenelle, le 23 fructidor (0 septembre). Un individu aussi dénué de scrupule inspira confiance à Drothier qui noua des relations avec lui, pendant qu'un autre agenl royaliste, !'Allemand Poly. s'abouchait avec le commandant du Corps législatif, Ramel. Ces deux oCOciers eurent-ils un instant l'idée de marcher avec les royalistes, avant d'agir à leur égard e-0mme Grise! contre Babeuf? C'est possible. « l'eut-être, a écrit l'historien royaliste, M, Scioul (Le Directoi,·e, L II, p. 271), ont-ils d'abord voulu · entrer dans le complot; puis, craignanl que le Directoire n'en rot informé, ont-ils cru plus sûr de le révéler ». Quoi qu'il en soil, Malo, dans une entrevue, Je Il pluviôse an V (28 janvier 1707), avec ceux que M. Scioul appelle • les commissaires royaux• (Idem), demanda à connaitre les pouvoirs qu'ils tenaient de Louis XVlll et le plan préparé; ils acceptèrent de lui eµ donner communication le surlendemain, el aussitôt Malo prévinl le ministre de la police, Le H 1Jluviôse (30 janvier), Drolhler, La Ville-Heurnois, Duverne de Praile, qui se faisait alors appeler Dunan, se rendirent dans le logement que Malo occupait à l'tcole militaire; des agents étaient cachés qui s'emparèrent

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