Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

346 IIIS'l'OIRE SOCIALISTE sacripant». ~lais Donaparle sut vite rel<agner sa confiance eu le Oaltanl, en lui deman,lant d'exercer plein pouvoir en mal;ère financière, de sorte que, tanl quïl ne se jugea pas assez fort, au lieu d'un ;urveillant scrupuleux, il eut dans Saliceti un panégyrisle enthousiaste. Le 25 floréal {i4 mai). il répondait de Lodi il l'avis du Directoire; dans une leltre d'une roublardise consommée, il refusait d'accepter la nouvelle combinaison et olîrait de se retirer. Le Directoire, craignant que ce ne fûl sérieux, n'osa pas affronter le départ, au milit;u de ses succès, d'un général si populaire; il annula, le 2 prairial {21 mai), la décision prise; en réalité, Bonaparte devenail le mallre. Du reslc, sans attendre la répon~e du Directoire, il avnit continué à agir comme si de rien n'était. Le 26 floréal (t5 mai), il en trait en trio111phateur à Milan rlont une garnison autrichienne tenait encore la c.itadelle. et - spectacle édifiant de la valeur des i11tervenlions religieuse et divine - • l'archevêque qui, naguère, appelaH sur les Français, élraugers et impies, les Coudres de la Providence, céléhra, dans la victoire de ces mêmes Français, le décret éternel de celte même Pro1idence »(A.Sorel, L'E1t1·opeet la Révolution f,·ançaise, (t. V, p. 78). Daas une proclamation du 7 floréal (26 avril), Bonaparte disait: • Peuples de l'ltalit, l'armée française vient pour rompre vos chaines, le peu1ile français est l'&mi de tous les peuples; venez avec confiance au-devant d'elle, vos 1,ropriétés, votre religion el vos usages seronl respectés. Nous faisons la guerre en ennemis généreux, el nous n'en voulons qu'aux tyrans qui vous asservissent ».Telles étaient les paroles.Voici les actes: le 30(19 mai), il imposail à Milan et à la Lo111hardieune contribution de vingt millions, sans compter les réquisilions. et on commença à enlever les œuvres d'arl; l'argent devait être partagé entre la caisse de l'armée el le Directoire. Eu outre, « au Mont-de-piété où élaienl entassées des rir.besses considérables,}'esch, le futur cardinal, et le fourni,seur Collot, dérobèrent une quanlilé énorme de vaisselle d'or, d'argent, de joyaux, <lepierres précieuses et de bijoux • (Bouvier, Bonaparte etr ltalie, 1796, p. 590-591). Mais les fournisseurs, notamment le, Flachat, Laporle et Caslelin, qui avaient contribué à sa forluoe,;es commissaires du gouvernement, Saliceti, en particulier, qui avait été pour Iui un auxiliaire précieux auprès des directeurs et de l'opinion, étaient encore trop les maitres à son gré au point de vue financier. Aussi, vers le milieu de prairial (début de juin), il commençait à faire enlcntlre des récriminations vagues; peu à peu les insinuations se précisaient et il en vint bientM, même contre Saliceti, son ancien protecteur el son futur protégé, à des accusations Cormelles. Ce qu'il voulait, c'était se débarrasser de Loule apparence de contrôle et d'une concurrence elleclive. Il y réussit et on n'allait pas tarder à voir cet homme ql.li, régulièremenl, n'avait que ses appointemenlS, qui posait pour le désintéressement et la simplicité, mener un train royal, donner de l'argeoL à sa tl11nille, touL en achetant des terres et en faisant de. déj,6ts de ronds et des placements (Mémoire.i el Ç1>r-

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