Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HISTOlllE SOCIALIS'l'I-: de,ait êlre, en l'an VI. dénoncé comme un des « enfants chéris de Babeur • (llisloirr politique de l,1 Révolution française, d'Aulard, p. 681, note) - cc qui était exagéré - da11s un placard de,; modérés qui, nous le verrons (chap. x,J1), annulèrent son élection le 22 tlo,·éal an VI (Ll lfüti 1798). Celle lettre de mouchard corroborant, en ce qui concerne lliamal, l'alfirmalion de Buonarroti, permet, scion Loule vraisemblance, de connaître les noms des deux autres jurés qui n·onl encore jamais été publiés : les trois autres dénoucé5 étaient, avec l'orthographe et l'indication suivantes : Dubois, Lepouve, Mounier, des Pyt·énées-Orientales; c·est-à-dire Dubois, de la Sarthe, Delepouve, homme de loi à Arras, du Pas-de-Calais, et )loynier, d~s Pyrénées-Orientales. Or, Delepouve ne fut que juré adjoint el, aucun des adjoints ou des suppléants n·ayanl été appelé à se prononcer, le, deux jurés qui restèrent fermes jusqu'au bout avec Biauzat doivent être Dubois cl ~loynier. Parmi les autres, dont les nom, ont été cités plu, haul, il y en eut un au moins qui vota lanlôt pour el lanlôl contre les accus6s. Quel est celui-là? Voici un lémoignage qui, en nous donnant un nom, confirme une fois de plus C() que nous savons déjà au sujet cie Biauzal. On lil, dans les Mémoires sur les règnes de Louis XV el Louis XVI el sur let Rév11lution, de Dulort de Cheverny ( l. Il, p. 335) : « Des seize jurés, on en connaissait douze honnêtes et convaincus des crimes de;; coupables. Un treizième s'était joinl à eux, c'élail le nommé DulTau, des Pyr6nécs, homme jouissanl, dil-011, de quinz~ mille livres de renle, né hors de la lie du peuple et qui s'était faufilé dans la meilleure compagnie où il se prononçait comme ennemi des coquins. Cependant des jurés, ses voisins, le désignaient comme un homme faux, verrnlile et dangereux. Les trois autres jurés, dont Biauzal, ex-député, élail le cher, élaienl reconnus pour des jacobins décidés. Biauzat, qui avait élé un de, acteur; de la 'ferreur, ne se masquait pas; il aurait innocenté les plus coupables. » Après avoir constaté la• conslcrnation » produite par le premier résull;,l, notre auleur qui, en bon réactionnaire, ne recule pas devant la calomnie - on vient de le voir pour Biauzat dit « un des acteurs de la Terreur • ....: à l'égard des républicains avancés, ajou:e : • Un des jurés crut s'apercevoir, à l'embarras <leDulTau, qu'il était le cou1 able. Il le prit en particulier et lui dit à l'oreille : « Vous êtes à mes yeux le dernier des hommes. JI est clair « ·que c'est vous qui avez mis la boule blanche; on sait vos liaisons intimes « avec la Buonarroti qui vous a séduit; on vous soupçonne, en outre, d'être' • payé. Je n'entre pas dans toutes ces "infamies, mais je vous donne ma pa- • role qué, si vous continuez, vous ne pél'irez que de ma main. • Ce petit avertissement fraternel Ill son effet • (ldem, p. 3:lô). Or Duforl de Chev·erny était à même d'être bien renseigné. Il était• extrêmement lié• avec Pajon (t. II, p. 3W); étant allé à Vendôme pendant le p~ocès'. Il avait déjeuné avec lui el fréquenté Ga,idon, le président 1 Lalande, un luge

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