332 IIIS'l'OlllE SOCIALISTI> suppléant qui n'eul pas l'occasion dïnlervenir officiellemenl, Viellarl, un des deux accusateurs publics, et llivièrc, juré, que, probablement par simple erreur d'expression, il qualifie de "jug~ • (id., p. 309 et 312). Tels sont Lous ceux que, à cette occasion, il nomme; et il esl curieux que. tous ceux-là, sauf Lalande qui n'eut personne à suppléer, aient joué un rôle dans l'incident auquel donna lieu, après entente évidemment avec Viellarl, la maladie feinte.de Coffinhal, homme dévoué à Lous les 1iouvoirs el qui devait plus lard se lran,former en baron du Noyer de Noir mont. N'est-il pas permis de supposer, par la connaissance que Dufort de Che- \'erny a;sure al'oir eue du fait, qne le juré ayant cherché à influencer Dulf,,u fut celui qu'il nous dit avoir fréquenté à Vendôme, Rivière, qui, élantGascon, non seulement d'origine, mais encore de caractère, exagéra ensuite les menaces par lui foilcs ré.ellemenl à son compatriote gascon Dulfau, menaces que la proximité de leurs départements réciproques était peul-être de nature à rendre sél'ieus ·s à certains égards? Et. en admeltant, dans son ensemble, l'exactitude du récit de Duforl de Cheverny, ne penl-on supposer avec vraisemblance que, pour influencer DulTau, Coffinhal ayanl simulé une indisposition sur le conseil de Viellart qui l'assistait el avait élé témoin, à ce titre, du vote de Dulfau, qui, en outre, étant, nous le savons par Dufort de Cheverny, en bons terme, avec Rivière, put mettre celui-ci au courant et provoquer la scène entre lui el Duffau., ne peut-on supposer, dis-je, que le président Gandon consenlil à substiluer aux côtés de '/iellart, pour la lin des opérdlions du jury, Pajon à Coffinhal parce que, Pajon étant connu comme un ami de Rivière, sa présence paraissait de nature à intimider Dulfau au courant évidemment des relations de son compatriote et collègue du jury? En tout cas, Duffau qui donna malheureusement dans une trop large mesure satisfaction à l'acharnement des réacteurs, n'osa pas, par scrupule partiel de conscience sans doute, aller jusqu'au bout de ce que ceux-ci tentaient d'exiger rie lui. Aussi, après l'exécution de llabcuf, ajoute Duforl de Cheverny (ibid.,p. 3-37)«c'était dans la ville une désertion complète; les mauvais jurés étaient partis el l'on avait invectivé Du(fau •· A neuf heures el demie du malin, le 7 prairial an V {26 mai 1i97), le jugement était prononcé. Conformément au verdict rendu dans les conditions que nous venons d'indiquer, étaient condamnés : à mort, B:ibeuf et Darthé; à la déportation, Buonarroti, Germain, Moroy, Cazin, reco110us coupables comme eux sur la 4' el la 5' séries, Blondeau déclaré coupable sur la 4' seulement, Bouin el llfennessier sur la 5•, mais tous les sept avec circonstances atténuantes; les deux derniers étaient condamné, par contumace. Ce jugement était à peine prononcé que, à l'exemple des vaincus de prai• rial an lll, Babeuf et Darlhé se frappaient d'un stylet. Le ministre de la Justice, Merlin, avait envoyé à Vendôme, en qualité de • concierge de la maidon de justice », un homme de conllance nommé Daude qui, pendant toute la
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