Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HISTOIRE SOCIALISTE 267 comité décida, par arrêté da 12 thermidor an 1 [[-30 juillet 1705 (Munilew· du 21 thermidor-8 aoùl 1i05), qu'ils ne pourraient dorénavant les abandonner qu'après avoir obtenu de leur directeur un congé visé par la Con11uissio11des armes el poudres, el que les particuliers ne pourraient les employer sans ce congé. L1 Décade pliilosophique du 10 pruirial el du 10 fructidor an 11-20 mai cl 27 aoùt 1701 (l. l", p. 211 el l. li, p. 201), nous apprend que, malgré la campagne entreprise depuis quelques années en faveur de la pratique des prairies arfüicielles, le moyen le plus usité de rendre au sol sa fertilité, l'amendement par excellence, était toujours l'usage de la jachère absolue, c·esl-àdire du repos absolu de la terre laissée improductive pendant un an. Dans certaines régions arriérées, par exemple dans le Gers, la plupart des terres n'étaient semées qu'une année sur deux; quelques rares étaient • tiercées ,, c'est-à-dire cultivées comme il ,a être dit (bulletin du 23 pluviôse an Yll-1 l février 1799, de la Société libre d'agricullure du Gers). Le mode de culture le plus habituel à l'époque que nous éludiom, consistait à diviser, dans chaque exploitation, les terres labourables en trois portions à peu près égale,; chacune d'elles était à tour de rôle en~emencée, une année en blé ou en seigle, l'année suh·ante en grains d'une autre espèce, en avoine, par exemple, ou en orge, el restait, la troisième année, inoccupée (Bibliothèque physico-éco110miq11e de Parmentier et Deyeux, Yolume de 1701, p. 30). li en était ainsi dans le Cher qui n'était cependant pas un département mal cultivé(Jo11rnal des a,·ts el 111a1111factw·es, l. Ill, p. 482). Les Annales de l'aqricullure, de Tessier el Rougier-Labergerie, artmellaient (l. Il[, p. 36) qu'il y avait « un tiers de, terre, en repos». D'après de Pradt (De l'état de la culture e11F,•a11ce, 1802, l. l", p. 139), trop commune~ en France, les jachères absolues • règnent sm· presque toute son étendue»; elles tenaient un peu plus du tiers des terres labourarables (Ibidem, p. 170). De la sorte, tous les ans un tiers de chaque exploitation en moyenne ne portail que de mauvaises herbes, les deux autres tiers - el chaque tiers pendant deux années consécutives - des céréales. Cet arrangement se reproduisait sans la plns légère variété,,, l'ordre des trois soles est le sujet d'une condilioo qni se met presque toujours dans les baux de terres labourables • (Nouveau cours complet d'agriculture, d'après Rozier, par les membres de la section d'agricullure de l'Institut de France, 1809, l. li, p. iî2J. Quoiqu'on recommandât alors (voir Ioules les publications ci-dessus), à la place de ce procédé détestable, de ne pas semer deux années de su ile dans la même terre des plantes de même nature, de renoncer à la jachère et d'allerner la culture des céréales avec celle de la pomme de terre, du turnep ou des légumhreuses telles que le trèfle, la luzerne, le sainfoin et le lupin, français (de Neufchàleau), ministre de 11ntérieur, écrivait, let thermidor an VI (20 juillet 1798), dans une circulaire: • Le trèfle esl encore inconnu dans une partie de la ~'rance. Les funestes jachères stérilisent encore un tiers de ce grand ter-

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