Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

IIISTOllll<: SOCIALISTE 2():i lions, mais en préférant certainement pour lui un ;1111rr régime. à nourrir son personnel « d"après les procéclés du comte rte numrord •· « Yankee lwronnisé, Benjamin Thompson, dil le coml,' Rumrord ", lil-on dans le Capital de Karl ~larx (édition française, t. I", p. 2tn, col. 2) avait commencé, en 1796, la publication à Londres d"un ouvrage, Essays polilical, economical, etc., qui est« un vrai livre de cuisine; il donne des recettes de Loule espèce pour remplacer par des succédanés les aliments ordinaires el lrop chers du travailleur ». Avec« le,s potages à la Rumford » - Dclaîlrc nous énumère tous les ingrédients constituant celui lie son personnel il qui il songeait à ne donner que celte soupe • deu, fois par jour• - l 15 personnes coùlaienl à nourrir 11 fr. i6 par jour; elles avaient, en outre, ra,anlage de n'avoir pas besoin d"aller à une station thermale pour se faire maigrir. Le .lfoniteur du 2 brumaire an Vil (:?3 octobre ii98), dans la li~le cles industriels récompensés à !"Exposition, ajoute, i1 la suite du nom de Le Petil- \Yalle à qui ses « rasoirs fins• ont valu une mention : « Cel artiste instruit et emploie des e,ntanls tirés des hospices•· Parmi d'autres faits de ce genre, en voici encore ,un : d"après la Décade philosophique du 20 ventôse an \"1iO ma" 1i98 (l. XYI), • Doyer-l'onlrède, vropriélaire d'une manufacture consirtérable à Toulouse, vient d'y associer les hospices cil'ils de Toulouse, Montauban, Carcassonne el autres enl'ironnants; le gouvernement l'a autorisé à y choisir 500 enfants pour les employer tians sa manul"aclure, à la charge par lni de veiller à leurs mœurs, de faire apprendre à lire el à compter à ceux qui ne le savent pas, el de les faire instruire dans les principes du gou- ,,ernemenl républicain•. On ne nous dit p,1- celle fois quelle règle était posée limitant le travail à tirer de ces malheureux enfants. Le compa!(nonnage qui avait subsisté, m ilgré lïnterdiction prononcée par rarrèl du Parlement de Paris du 12 novembre 17î8. fut encore entravé p;r les lois des 2 mars el 14 juin 1701; ses membres durent s"abstenir de toutes manifestations extérieures qui ne reparurent que sous le Consulat, avec le retour aux anciennes traditions religieuses. Un homme bien renseigné, Réal, écrivait, le 22 février 1813, dans une note officielle : • Ces coteries (les sociétés de compagnons) neutralisées pendant la période révolutionnaire, où elles n'a,·aient plus d'objet, ont reparu depuis que les éléments du r,orps social se sont replacés el fixés » (Martin Saint-Lépn, Le Cumpaqnonnaqe, p. î8, note). Le compagnonnage n'en persista pas moins; l'admis,ion de certaines professions daos le compagnonnage date même de cette époque; l'initial.ion des maréchaux ferrants est, d'après Perdiguier, de 1795, el !"admission officielle de la société des plàlriers « initiée en 1703" date de 1707 (ldem). Nous avons eu l'occasion de voir (chap. 111) pour la période de la Convention, el nous verrons par la suite (chap. xm, xvn et xx), pour la période du Directoire, que le gouvernement intervenait toujours, dans les mouvements les plus calmes relatifs aux condilions du travail, contre les ouvriers.

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