Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

20\ IIISTOIIl.E SOCIALIST& du lycée des arts. inventions et découvertes, de vendémiaire an IV (septembre 170:i), nous apprend que, dans la manufacture de r,apiers peints de la rue de Montreuil, de Jacquemard el Bénard, successeurs de Réveillon, des femmes sont employées et que ce sont des« petits enfants• qui exécutent le premier travail. Il en était de même dans une autre manufacture de papiers peints, celle de Rober!, successeur d'Arthur que les thermidoriens avaient guillotiné en sa qualité d'ami de Robespierre. C'étaient des enfants (Chaptal, De l'lndustrie française, l. Il, p. 27) qui, dans les métiers à tisser à la tire, liraient les cordes de manœuvrc. Le Joumal des arts et manufactures nous dit (t. r, p. 113) que Japy, dans sa manuractme de mouvements d'horlogerie, à Beaucourt, près de Belfort, employait des enfants et des infirmes et (t. Ill, p. 521), à propos de la manufacture de faïence de Polier à Chantilly, que chaque tourneur ou modeleur avait toujours avec lui un ou deux jeunes enfants. Dans les manufactures d'épingles (Dictionnaire universel de commerce, de Buisson, t. l", p. 500), les épingles sont placées sur des papiers par des jeunes filles ou des enfants; les hahiles en plaçaient jusqu'à trente milliers par jour el gagnaient alors « quatre à cinq sous •· Dans le document que j';1i cité précédemment à propos de la filature Lachametière à Bordeaux, il élait dit que la facilité de manœuvrer lrs machines de cet établissement mettait « à même de n·y employer que des femmes, des enrants et des estropiés ou des gens privés de la vue •. A la 5éance du 5 ventôse an Ill (23 février i;()5), il fut question d'un fabricant de toile à voiles établi à Bourges, Bulel, qui sollicitait de la Convention l'autorisation de " tirer des hospices de Paris ou des départements 1, ou 500 jeunes filles âgées au moins de dix ans pour les employer à la filature »; la Convention accorda l'autorisation avec certaines garanties dont l'exécution ne fut peut-Nre pas bi~n surveillée. Par traité approuvé le 2 fructidor an l V (1ü aoùl 17\)0), le Directoire accordait à Sykes - un des signataires de la pétition du 16 messidor précédent (', juillet) mentionnée plus haut - propriétaire de la filature mécanique de coton sise à Saint-Rémysur-Avre, près de Nonancourt (Eure-et-Loir), 100 filles des hospices,. dont 80 de neuf à dix ans, et 20 de quatorze à quinze. Il devait les garder jusqu'à vingt el un ans, leur donner l'instruction primaire; les heures de travail ne devaient pas excéder 12 par jour; " pour tenir lieu de salaire », ces jeunes filles devaient recevoir à leur majorité, les premières 250 francs, les secondes 150 francs, valeur métallique (Archives nationales, Fl4, 1302). En fructidor an V (août 1797), la manufacture Delallre, à l'Kpine, près ù'Arpajon, occupa il 62 jeunes orphelines tirées des hospices el instruites, selon leur à.~e el leur capacité, « à tenir 24, 36, 40, même 48 fils (llfagasin e11cyclopédiq11e, t. XXVI, p. 115). Une lettre de Delattre, datée du 7 vendémiaire an VIII (29 septembre 1î99) et publiée par la Décade philosophique du 30 venlôse-21 mars 1800 (t. XXIV, p. 520-522), nous apprend qu'il s'était mis, avec de bonnes inten-

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