HISTOIRE SOCIALISTE criminelle lorsqu'elle tend à restreindre l'exploitation des consommateur, ou des ouvriers par les capitalistes de l'industrie et du commerce; elle devient la cho,e la plus légitime, une chose conforme à tous les principes. une chose due, lors1u·elle s'exerce au profit de ces capitalistes et au détriment des consommateurs ou des ouvriers. Cc que les capitalistes, sauf de t1·op rarPs e,ceptions, ont toujours poursuivi et poursuivent toujours sous des apparences contra~ictoires, c·est la liberté d'exploitation, de même que rf:glisc poursuit la liberté ,l'oppression : voilà le sens précis du mot liberté dans leur bouche. Lorsque, par le simple jeu de leur force économique, les capitalistes sont à m~me d'imposer leurs volontés, ils protestent contre toute réglementation qui ne pourrait que restreindre celles-ci; mais lorsque leur force économique n'est pas suffisamment développée pour leur permettre d'agir en maitres, ils demandent à la loi de leur conférer cc pouvoir. Les condilions économiques ne suffisaient pas encore, à la fin du xvm• siècle, à réaliser la pleine et entière domination patronale; c'est pourquoi, après les patrons dont nous venons de parler, Chaptal, clans son Essai sur le perfectionnement des arts chimiques en France, publié à la fin de i790, se plaignait à son tour que l'ouvrier pùt quitter un patron à son gré, profiler des circonstances pour exiger une augmentation de rnlaire, ou, ajoutait-il pour la forme, êlre l'objet d"un renvoi immédiat. Il réclamait des • mesures sages el co~servatrices • (p. 57); " il faut que les parties intéressées puissent se lier par un contrat dont le gouvernement seul peut assurer la garantie » (p. ~); il voudrait enfin qu'un ouvrier ne pùl (:Lre reçu dans un atelier qu'en présentant • un cerlillcal de bonne conduite délivré par le propriétaire de l'atelier d'où il sort • (p. 56). Je citerai ici. et j'analyrnrai malgré•~a longueur, un arrêté du Directoire du 16 fructidor an IV (2 septembre 1796). 'l'oul en ne visant que • la police des papeteries •, cet arrMé fournil, sur les mœurs ouvrières de l'époque, des renseignements que les plaintes précédentes de Chaptal, formulées d'une façon générale, nous autorisent à ne pas restreindre aux travailleurs particulièrement en cause. On pourra constater que les habitudes et la force des groupements ouvriers avaient résisté aux tentatives laites pour les détruire et que l' Etal républicain était loin d'aYoir, au nom de la liberté nouvelle, renoncé à intervenir entre salariés et patrons et à régler leurs rapports dans les mêmes conditions que le pouvoir royal déchu; c'était oo tort, devait déclarer le Directoire, d'avoir • présumé c1ueles lois antérieures relatives à la police des arts et métiers étaient totalement abrogées » (arrêté du 23 messidor an V). Tandis, en effet, que les mesures particulières prises sous la Convention à l'égard des travailleurs, tout en étant conçues dans le même esprit, - voir la loi du 23 nivôse an li (12janvier 1794) qui mettait en réquisition les entre preneurs el ouvriers des manufactures de papier el illlerdisail les coali-
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