Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

2'10 IJISTOlf\E SOCIALISTE Jogerie, OU\'Crledans l'ancien monastère de Beaupré, à cinq kilomètres de Be8ançon, comprenant deux cents élè1•espar an, dont moilié entretenus aux frais de la République. Dans son rapport - où il exagtlrail, d'ailleurs, la production de la manufacture - Boissy d'Anglas, après avoir dit : • la matière ne vaut pas, dans une montre d'argent, le huitième, el, dans une montre d'or, le tiers de son prix», évaluait« la montre d'argent à 50 livres el la montre d'or à 120 livres en e8pèces ». Un arrêté du Directoire du 2,1 ventôse an IV (14 mars 1i06) régla les condition d'apprentissage des élèves, dont la durée ne pouvait excéder cinq ans. Malgré les subventions de l'Élat, la crise due au prix des subsistances, la stagnation du commerce, la mauvaise administration el les spéculations de i\légevand, la contrebande de Genè,e d'abord, son annexion ensuite contribuèrent à la décadence de la manufacture cl de l'école. Les meilleurs artistes avaient fini par travailler à leur compte, chacun dans leur parlie, en se donnant mutuellement du travail dans les diverses spécialités. Cependant, d'une enquête envoyée le 15 prairial an VI (3 juin ii98) au ministre de l'Intérieur, il résulte que la manufacture complait encore 862 artistes el ouvriers. D'après les bulletins du conlr01P.(Ét11des sw· l'horlogerie en /•ran-:hcComté, par Lebon, p. 128), la production de Besançon fut de 5 731 montres en l'an Il, de i!i 756 en l'an Ill, de 11307 en l'an IV, de 15863 en l'an V, de 15324 en l'an VI, de 9 470 en l'an VII. Le quart environ de celle production est sorti de la manufacture, les trois quarts des atelier. particuliers; sur ces i~ 4:;,, montres, il y en avait eu un peu moins de 8 000 en or. En toul cas le résullal tut plus durable à Besançon qu'à Versailles. De la tentative, par la loi du 7 messidor an 111(:?5juin 179:;J, de création dans celle dernière ville d'une mauuracture d'horlogerie• mécanique el automatique•• c'est-à-dire de celle qui se complique d'airs, de mouvements d'animaux, etc., il ne restait plus rien au bout de quelques années; cependant le jury de l'Expnsilion de l'an VI (il/onileur du 2 brumaire an Vll-23 octobre 1798) signalait tout spécialement les produits de celle manufacture. Ce serait une erreur de prendre ici les mols fabriques el manufactures dans le sens qu'ils ont aujourd'hui. Peuchet, que j'ai d6jà eu l'occasion de citer, nous apprend (Statistique élémentaire de la France, p. 392) que manufactures el fabriques ne différaient • ni par la nature de la matière qu'on y travaille, ni par la nature des opérations que celle matière y subil, mais seulement par la plus ou moins grande réunion de ces opérations, el la plus ou moins grande quantité des objets qui en résullenl •· La manufacture, en ce sens, 6lail plus importante que la fabrique. Malgré l'appui qu'on leur donnait, les manufactures avaient de la peine à durer, el le Journal des arts et manufactures, en l'an III {l. l", p. 92), le constate en expliquant le fonctionnement de la manufacture d'horlogerie de Besançon dool je viens de parler. Les chefs d'ateliers sérieu1, dil-11, ayant leur amour-propre, n'aiment point

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