l!ISTOIRE SOCIALISTE 239 el le Direcloire avaienl de plus en plus tendu à lui sub,tiluer en lous ordres le syslème de l'enlreprise, et celte substitution élait à peu près achevée dès le milieu de l'an VI (17\JS).En dehors des établissemenls mililaires, je citerai à cet égard, comme exemple, les salines de l'Est qui, exploitées depuis plusieurs années en régie, étaient, le 28 brumaire an VI (18 novembre 1797), en vertu d'un arrêlé du Directoire du 22 brumaire (12 novembre), et après discussion, en l'an IV et en l'an V, favorable au projet au Conseil des Cinq-Cenls et hoslile au Conseil des Anciens, atîermées à la société Caloire, Duquesnoy et c••. Je rappellerai, en outre, que, par la loi du Il vendémiaire an VI (:lOseptembre 1797) signalée précédemment, l'enlreprise nationale des messageries fut supµrimée (§ 1) el la poste atîermée (§ 2). c Pour chausser annuellement nos armées •, disait Fourcroy, dans le rapport l'ail à la Convention au nom du comité de salut public, le 14 nivôse an Ill (3 janvier !795), on avait besoin de 170000 peaux de bœuf, 100000 peaux de vache, 1000000 de peaux de veau; il était impossible d'attendre µlusieurs mois, jusqu'à deu, ans, pour la préparalion des peaux : Armand Séguin appliqua, en l'an lll (1793), avec l'aide de la Convention, un procédé grâce auquel le tann3ge étai! achevé en moin, d'un mois; H est juste d'ajouter que ses cuirs, tout en ayant une bonne apparence, laissèrent à désirer sous le rapport de la qualilé. En outre, des inslructions étaient répandues pour vulgariser les récentes conquètes de la science au point de vue industriel; des encouragements, sous forme d'avances, d'indemnilés ou de subventions, étaient accordés à divers fabricants, notamment 200000 livres par le décret du 7 frimaire an III (27 novembre 1794) à Barneville pour une manufacture de mousselines superfines dont il sera question plui loin. De même, sous le Directoire, la loi du 6 messidor an IV (24 juin li96) mettait à la dispo·ition du minislre de l'Intérieur, pour aider les fabriques et manufactures, one somme de 4 millions dont un million parliculièmenl alîecté i11Lyon. C'e,t à la Convention que Besançon doil son industrie de l'horlogerie. En ii!JS, des habilanls du Locle et de la Chaux-de-Fonds, villes de la principauté de Neuchâtel, alors à la Prusse, se faisaient affilier en masse aux sociétés populaires françaises des environs, surtout à celle de Morleau. •rracassés par les magislrats neuchillelois, beaucoup se réfugièrent à Besançon; à la mile de ces faits et de conférences entre un habitant du Locle, Laurent MégEt.and, et le représentant du peuple en mission Bassa!, le comité de salut public, par arrêté du 25 brumaire an II (i5 novembre 1793), approuva c l'é!ablissemenL d'une manufacture d'horlogerie dans la ville de Besançon ", avec logements et secours pour les arli>tes étrangers. Par un nouvel arrêté du 13 prairial an II (i" juin 171l4), il réglementa le fonclionnement de la manufacture Lransformée en élablissement nalional. Sur un rapport fait par Boissy d'Anglas à la Convention au nom des comités de salut public et de finances, le 7 messidor an Jll (25 juin 1795), fut décrétée la création d'une école d'hor-
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