Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

238 lllSTOillE SOCIALlSTI~ par minute sans viser. Au début de l'an Ill (fin 1704), les résullats étaient (Essai sut l'histoi,·e des sciences pendant la Révolution, de Biot, p. Si) : i5 fonderies pour la fabrication des bouches à feu de bronze, fournissant annuellement 7 000 pièces; 30 fonderies pour les bouches à feu en fer donnant par an i3000 canons; la multiplication dans la même propqrtion des usines pour la fabrication des projectiles el des attirails d'artillerie: une immense fabrique d'armes à feu créée à Paris, livrant 140000 fusils par année; l'établissement d'une manufacture de carabines-la carabine, lit-on dans le cbap. xv,n des Cours faits à l'Ecole de Mars du 5 fructidor an Il {22 août 1794) au 13ven démiaire an Ill (4 octobre 1791) et imprimés en l'an Ill par ordre du comité de salut public, diffère du fusil• en ce que le canon est rayé clan~ lïntérieur pour donner à la balle une direction plus exacte et une portée plus grande• - don( la fabrication était nouvelle en France; 20 manufactures d'armes blanches; 188 ateliers de réparation pour les armes de toute espèce. Si l'arsenal de Paris et les 10 autres existant en province subsistèrent nominalement jusqu·au commencement de i708 (an VI), ils disparurent à celte époque. Dès 1797, il n'y avait plus que 2 fonderies. De 37, les ateliers de construction d'artillerie furent réduits à 12 en 1796, et à 6 en 1i97. Le nombre des forges, des manufactures d'armes à leu portatives el d'armP.s blanches, des ateliers de-réparation pour ces armes alla aussi en diminuant (Revue d'histoire rédigée à l'état-major de l'armée, mai 1001, p. 1135). Dans les établissements s'occupant du matériel de l'armée, des lonctionnaires civils avaient été substitués, pour la surveillance des travaux, aux officiers qui y avaient été détachés, à la fin de l'ancien régime, sur l'initiative de Gribeauval. La compétence de ces fonctionnaires semble, du moins dans notre 1iériode, avoir laissé à désirer. Une lettre, du 2-1 ventôse an IY-11 mars 1796 (Chevalier, Notice historiq11esur le se,·vice des forges, p. 8), d'un chef de brigade commandant l'artillerie de l'aile droite de l'armée de Rhin-et-lloselle, se plaint « de la mauvaise construction du matériel el de la mauvaise qualité des matières employée, •, et elle réalame l'organisation de la surveillance par des olficiers d'artillerie. En tout cas, les inspecteurs civils lurenl, par une décision de pluviôse an V (janvier 1797), supprimés à dater du 1" ventôse suivant (i9 février 1797), et des olficiers d'artillerie les remplacèrent dans les forges et les fonderies travaillant pour l'armée. Nous verrons, d'ailleurs, au début du chap. xvm que, en admettant que les officiers eurent la compétence, ils p'eurent pas toujours l'honnêteté indispensable. L'ouvrage que je viens de ciler contient aussi (p. 10}, relativement à une autre modification survenue dans le régime de ces établissements, une note se plaignant « des adjudications au rabais pour les fournitures de l'artillerie qui sont des fournitures de confiance el sur _lesquelles un fripon trompera toujours malgré la surveillance •· Au début, en e!Tet, avait dominé, pour tous ces établissements, le système de régie directe par l'Etat; mais la Convention, après Je 9 thermidor

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==