236 IIIS'l'OlllE SOCIALISTE: esl un obstacle à son emploi; d'autre parl, cel emploi, à l'époque que nous étudions, exigeait le J.Jlu; souvenl des ouvriers spéciaux qui se recrutaient lenlcmcnl, et, par là, même en admettant chez tous le désir de recourir aux nouveaux procédés el la possibilité de risquer les avances nécessaires, l'usage de la machine devait rorcémenl se trouver ret,rdé. • On se rappelle qu'en 1700, di.ail Grégoire à la Convention le 12 vendémiaire an Ill (3 octobre 1794). il lallul autoriser une de nos manulactures à • faire filer en Suisse vingt milliers (environ 9800 kilogrammes) de coton pour ses fabriques, parce qu'on manquait de machines et ù'ouvriers propres à ce lr,,vail•. En mars li93(Moniteurdu 18), la Société d'agricullure et de commerce el des arts de Nantes ofîrail un prix pour le perreclionnemenl de la filature au fuseau, cc qu'elle n'aurait pas rail si la machine avail été tant soit peu répandue. Nous \"OyonsPenières dire à la Convention le 16 vendémiaire an Ill (7 octobre 1794) : « Presque partout on ignore l'art de préparer le chanvre el le lin. Le tour à filer est inconnu dans plusieurs districts, les métiers des tisserands sont ,i'une raideur épouvantable, ce qui rend le travail long el péni - ble; el je puis faire la même application à la fabrique des laines ». Cambo,1 disait de son côté, le 7 frimaire suivant (27 novembre i794)i « Il esl incroyable que, sur 24 millions d'Ames, la Répuùlique ail si peu àe bras consacrés aux arts mécani<1nes •; si les Anglais l'emportenl au point de vue inctuslriel sur nous, « c'est qu'ils onl multiplié les machines, tandis que nous faisons tout avec la main-cl"œmre ». La raison principale de celte infériorité trop persistante de la Prance était indiquée par Chaptal (De l'industrie française, t. li, p. 31). en 1819 : « Si nous n'avons pas donné une aussi grande étendue à l'application des machines que l'onl fait les Anglais, c'esl que la main de l'ouvrier est moins chère chez nous». Celle constatation est une nouvelle r reuve que les bas salaires, indice d'une civilisation inférieure, nuisent non rnulemenl à la classe ouHière, mais surtout à toule l'évolution économiqu~, au pro;;rès général el à la richesse d'un pays. 11foul cepenctanl noter que, pendanl les années de la Révolution, la situation matérielle des ouvriers ne fut pas mauvaise, grAce aux idées de celte époque - cause, par exemple, que, lors du maximum, les prix de 1790 pris comme base, fùrent augmentés d'un tiers pour les marchandises, mais de moitié pour les salaires (Histoire rncialiste, t. IV, p. 1670 el 1780); en outre (Ibidem, p. 1777), il semble que, jusqu'à l'arrêté, du21 messidor an Il (Il juillet 1î911), du Conseil général de la Commune, on ait même lais~éles ouvriers parisiens étaùlir leurs prix en dehors de toute tarification, d'où leur mécontentement, noté au débul du chap. n, lorsque cel arrêlé vint réduire leur salaire à un prix inférieur à celui qu'ils pouvaient obtenir - et grâce aussi à ce que, la main-d'œuvre manquant, ce qui donnait aux ouvriers cette possibilité, dont je viens de parler, d'imposer leurs prix, celle que laissaient subsister les réquisitions militaires était insu rus ante pour les besoins de la production el •chère•·
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