IIISTOII\E SOCIALISTE ?33 réclamations trop fondées, car ils étaient, loul au moins pour la plupart, les complices des spéculateurs contre le public; le Directoire ayant, par son arrêté du 19 pluviôse an IV (8 février 1796) qui ne maintenait la di lribution de pain que pour les indigents, décidé que le pain serait taxé, les boulangers s'indignèrent do celle intervention de l'au lori lé; or, en fructidor an Il el 1·cndémiaire an Ill (septembre el octobre 1794) - nous l'avons vu (fin du cha- . pitre m)-ils al'aienl lrouvé excellente l'intervention de la police con Ire leurs ouvriers. Une autre profession f'ul taxée : par arrôlé du 7 brumaire an V (28 octobre 1796), le • bureau central du canton de Paris ., déterminait le prix des fiacres stationnant sur la voie publique; pendant le jour, la course était fixée à 30 sous, l'heure à 35 sous pour la première et à 30 sous pour les suivantes (lbiriem, t. Ill, p. 571); l'administration centrale du département de la Seine rejeta les plaintes des loueurs el, le 23 pluviôse an V-11 février 1707 (fbidem, p. 745), confirma cel arrêté. Dans leur égoîsme que la perspective du moindre gain immédiat, si inique qu'il puisse êlre pour d'autres, rend lrop fréquemment imprévoyant à leur propre point de vue, les commercants, sous couleur de ne penser qu'à leur caisrn el de ne pas faire de politique, étaient, d'une façon générale, disposés à lout sacrifiPr à la cupidité la plus aveugle; on lit dans le rapport du l.3 l'endémiaire an YI (4 octobre 1707): • Le commerce se plaint et, dans celle classe très nombreuse, on ne s'occupe drs affaires publiques qu'aulnnt qu'elles peuvent influer sur les spéculations • (Ibidem, t. IV, p. 370). Ce n'étaient pas seulement les questions gouvernementales qui laissaient les commerçants indifférents, c'étaient aussi des 11ueslions de nature à les toucher spécialement : le tableau de la situation du département de la Seine, à la fin de l'an VI {aoOt-septembre 1798), présenté au mini~lre de l'Intérieur, sigmle « l'insouciance qui a eu lieu pour la nomination des juges du tribunal de commerce. Les assemblées primaires pour le choix des électeur; qui devaient concourir à celte nomination, se sonl Cormées trùs difficilement» (Ibidem, t. V, p. 101). L'inertie d'aujourd'hui en celle matière date, on le 1·oil, de loin. Le tribunal de commerce de Paris siégeait alors cloitre Saint-Merri derrière celle église, dans l'ancienne salle des juges-consuls, dont le nom d'une rue conserve aujourd'hui le souvenir. En vertu de la loi du 21 vendémiaire an Ill (12 octobre 1794), les faillis non complètement libérés ne pouvaient • exercer aucune Conctlon publique •· § 8. - Industrie. C"est à la fin du dix-huitième siècle qu·a commencé la transformation de l'outillage Industriel tendant à substituer d'une manière générale le travail mécanique au travail manuel. Mais il ne faut pas confondre l'invention d'une machine avec sa mise en pratique; d'une part, la cherté du nouvel appareil '
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