Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

IIISTOlllE SOCIALISTE 233 Ler, indépendante, dans son administration, ùu pou\'Oir cl de l'influcnre du gouvernement•· Une nole publke par le .1/oniteur du 9 nilô,e an V (20 décembre tï06) constatait que cellr assemblée de commerçants s'étail séparée sans accepter un seul des• quatre plans de banque qui lui ont été remis plr le ministre •, mais après avoir indiqué les bases qu'elle proposait : défense formelle à l'Elal d'intervenir d'une manière quelconque dans celle banque, saur pour lui faire • abandon absolu de biens fonds ou de valeurs certaines• dont il n"aurait même pas le droit de lui demander compte. Cela prou\'e qu'alors comme aujourd'hui, le principe des capilalisles en matière d'intervention de n:tal était: toul pour eux, rien conlre eut ni pour le, autres. Une des revendications de celle impudente assemblée fut • le rétablis,ement de la conlrainle par corps •; nous avons vu § 2 que, sur ce point, elle cul satisfaclion. Au début de l'an Yll, la situation de la place de Paris étai I très difficile, de not11eau la raréfaction du numéraire s'était accenluée, le; intérêls à payer par ceux qui devaient se procurer de l'argent étaienl énormes; le Moniteur du Hi frimaire an VII {5dêcembre ti98) annonçail la fondation • d'une caisse d'échange de papiers de porlefeuille qui doil suppléer au défaul du numéraire en acquillanl l'un par l'autre •· Pour facililer leurs transactions, certains gros négociants ou banquier. avaienl antérieuremenl organisé deu, établissemenls de crédil : en 1i96, la « caisse des comptes couranls », sociélé en commandite qui escomptaiL à lrois mois d'échéance au plus les eltels revôlus d'au moins trois signatures, el donl le directeur général, Augustin )l011neron, prit la lui le, le 27 brumaire an VII (17 novembre i71l8), laissanl, de son propre aveu, un déficil de deux million; el demi (Moniteur du i" frimaire-2l novembre 1798); et, le 4.frimaire an V1(2', no,·embre 1î97), la« caisse d'escomple du commerce • qui devail élrf, en germinal an XI {avril 1803), réunie à la Banque de France. Celle caisse avail pour but d'escompter leurs etrets aux associés, d'émellre les billets qui lui étaienl fournis par lesaclionnaires pour la partie de leur mise payable de la sorte; elle recevail en comple courant le uuméraire el les eliets à recouvrer; avec les sommes encaissées, elle payail les mandats tirés sur elle par les bénéficiaires de ces sommes. Les premier. actionnaires, au nombre de douze, réunissaienl 4.7actions; à la On de frimaire an Vil {vers le 15 décembre 1798), il y avail t03 actionnaires el 551 actions. Le 5 floréal an VI (24.avril 1798), des négociants avaient fondé à l\ouen dans le même but une banque d'fscompte pour une durée de neufannées(Dictio1l1l<ûret1niverset de commerce, édlté par Buisson, t. I", p. 3i0 et 24.l). Ce ne fut pas seulement pour des banques que les société, par actions reparurent. Dès l'a'! Ill (Joumat des arts et manufactures, l. l", p. t84i88) on recommandait le placemenl en commandite qui, sous l'ancien régime, avait été très pratiqué, à Lyon par exemple, et qui, pour le moment, contribuait au succès de la manufacture de Sainl-Gobain; le prêteur touchait une

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