Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

232 HISTOIRE SOCIALISTI> la chouannerie el n'opéraient que pour leur propre compte•· La baude d'Orgères {Eure-et-Loir), une des plus connues, désola la Beauce el le Blésois de la fin de l'an III au début de l'an V (1795à 1797). Ces bandes élaienl fréquemment commandées par des gens qui avaient, en apparence, une situation régulière leur permellant à la fois de détourner les soupçons el d'obtenir des renseignements utilisés ensuite pour leurs expéditions criminelles; ils se réunissaient dans les roires ou chez certains aubergistes affiliés à la bande, se déguisaient rréquemmenl soil en gardes nationaux, soil en soldats, s'imposaient alors au nom de la loi el, dans les lieux où ils craignaient d'être reconnus, mettaient un masque ou se barbouillaient le visage de suie el de farine. Ils inspiraient une telle terreur que fermiers el entrepreneurs de transports en arrivaient à leur payer régulièrement tribut pour n'être pas dévalisés. Une loi spéciale, la loi du 29 nh0se an VI (18 janvier 1798), fut volée pour la répression de ces attentats. Dans le ~1idi, spécialement dans la région des Alpes, il y avait depuis longtemps des bandits de même espèce appelés les barbets, contre lesquels avait déjà été dirigée la loi du 20 fructidor an Ill (6 septembre 1795). An défaut de sé~urité s'ajoutait le déraul Ue numéraire qui. du reste, se Ill sentir à l'étranger comme en ~'rance: à la fin de février 1797, la Banque d'Angleterre étail obligée de suspendre les payements en espèces. Sur le taux de l'intérêt nous voyons Dufort de Cheverny écrire au début de l'an VI (fin 1797): « L'intérêt de l'argent monte au taux de quatre pour cent par mois • (Mémoires ... , t. Il, p. 368); et voici ce que, le 2l thermidor an VI (8 aoO.l1798), BailJeul disait at1 Conseil des Cinq-Cents dans un rapport, sur les moyens de relever le crédit, fait au nom de la commission des finances : « Il esl déplorable de voir que la Prusse emprunte à 4 0/0, que les fonds anglais ne donnent que 60/0 d'intérêt aux prêteurs, qt1e l'Allemagne reconstitue à 4 0/0 les contrats donl les arrérages étaient à 5, el d'avoir à meure en contraste avec ces faits constants le fait non moins certain qu'on ne trouve d'argent, dans la République, que sur le pied de 20 à 25 0/0 par an, el que le prix des propriétés s'y dégrade en raison de ce taux épouvantable, el devenu cependant familier•· Déjà, le 2S brumaire an V (18 novembre 1796), le ministre des Finances, Ramel, avait écrit« aux citoyens commerçants et négociants des principales places de la République », pour les inviter à se raire représenter à« des conférences particulières » qui devaient s'ouvrir à Paris, le 19 frimaire (9 décembre 1796), sur « le besoin de quelques lois el de quelques établissements en faveur du commerce ». Ces conférences s'ouvrirent à la date fixée et le Moniteur du 26 frimaire (16 décembre 1796), en rendant compte de celte première séance, donnait les noms de dix-neuf des délégués arrivé,; dans son discours, le ministre des Finances avait déclaré que • l& première idée qui se présente à tous les bons esprits, c'est une grande association de ronds et de moyens, c'eet une banque, une banque, il raul le répé

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==