Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

IIISTOIRE SOCIALISTE 231 lieue de poste ou 3933 mètres; 10 sous en rau \" et en l'an VI. En JîOS-90 (an Vil), le transport de Paris à Lille ( 58 lieues de poste valant 228 kilomètres) coûtait - toujours sur l'impériale - 23 francs et le voyage durait 2jours; de Paris à ::-lantes(97 lieues i/2-383 kilom.), :;o fr., durée li jours; de Paris à Besançon (HlOlieues 1/2-305 kilom.), 40 fr., durée;, jours; de Paris à Toulouse (182 lieues-716 kilom.), 72 fr., durée 7 jours. JI y a,ait, de Paris, un départ tous les deux jours pour Lille el I our :'iantes, et trois départ-; par d6cade pour Besançon cl pour Toulouse; la périodicité était la mèrne de ces diverse~ localités à Paris. En vertu de la loi du iO vendémiaire an IV (2 octobre 1795), nul ne pouvait quiller le territoire de son canton sans un passeport délivré par l'administration municipale. Le transport des cho,es coùtait, par lieue, pour 100 livres - un peu moins àc ;;a kilos - en diligence, ce qui équiva!~il à notre grande vitesse, 6 sous 1/:!. en l'au III, 3 sous en l'an V, \'l et \'li; dans les mêmes condition,, en Jbuq;on, ce qui équivalait à notre petite vites;;e, 5 sous en l'an Ill, 3 sous en l"an V, 2 sous en l"au \'I et \"Il. La navigation intérieure étail également utilisée pour le transport des choses el des personnes. Fleuves et canaux servaient même, pour de grandes dislances, plus qu'aujourd"hui, proportionnellement au nombre total des voyageurs. Des coches d'eau partirent, par exemple, de Paris pour Troyes, Auxerre el Briare d"un côté, pour Rouen de !"autre; le prix, jusqu'en !"an VII, fut en moyenne de 3 sous par lieue soit pour une personne, soil pour 100 livres de marchandises; en l'an VII, il y eut une légère diminution (Almanach natiotial).- Ce qui nuisit beaucoup au commerce dans la seconde moilié de notre période, ce fut le défaut de sécurité provenant et du mauvais étal des routes, dont j'ai déjà parlé (§2), el surtout du brigandage. Les attaques à main armée furent chose trop fréquente; une d'elles est devenne une cause célèbre, c'est l'assassinat du courrier de la malle de Lyon, le soir du 8 floréal an IV (27avril 1796), à trois kilomètres environ de Lieusaint, 1;ur la roule de Melun : un des deux condamnés à mort pour ce crime, Lesurques, exécuté à Paris le 9 brumaire an V (30 octobre 1796), a été, d'après l'opinion publique, victime d'une erreur judiciaire. La Normandie, la Picardie, l'ile de France, en particulier, furent troublées par les bandes des chauffeurs, ainsi nommés parce qu·ils brûlaient les pieds de lenrs ,·iclimes pour les obliger à indiquer les cachettes où était leur argent. Certains de ces brigands étaient des l\rofessionnels du royalisme de grande roule ; M. de la Sicotière (Louis de F,·o/lé et les insurrections 1101·- ma11des, t. Il, p. 580-581, note) l'a reconnu : « La bande de chaul!eurs, fléau de l"Eure et de la Seine-Inférieure en 1796 et 1797, et dont quatorze membres furent guillotinés d'une fournée à Evreux, le 10 janvier 1798. comptait un certain nombre de chouans ». Cependant je dois ajouter que, d'après lui (Ibid., p. 579), • la pluparl des cbaul!eurs étaient tout à fait ét_ran&ers à

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