Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

Il!STOI RE SOC! ALISTE 1,lacemenl aduel où elle reprit le cours de ses représentations, le 1i prairial au \ïl (30 mai ii!lO), sous le nom de Théâtre l'rançais. Durant notre périoùe, J"Op6raocct1pait une salle à cùt6 du Théâtre Loumis que je viens de mentionner, là où est maintenant le square Louvois; sous I c nom de Théâtre des .Iris, il y avait donné sa première repré,enlalion Je, 10 thermidor an li (î aoùt 1704). .-\ la suite de l'incendie de !"Odéon, le Directoire s"élait empressé, par 1111 arrèté du i" germinal an \'li (21 mars lî09), puùlié par le Monilem· du 5 (J(; m:irs), ùe prescrire aux directeurs ùe théD.tres di1·erses mesures de sécurité et notamment une sun·eillancc co:·stante e~ercée par des ponq irrs à leur solde. C'était là une manifestation de ce zèle que nous voyons encore s'éveiller le lendemain ùes cat:islrophes et retomber, au bout de quelques jours, dans sa somnolence accoutumé:•. § 7. - Commerce . .\u point de vue du commerce, m;:is non des con•ommaleur., la première partie de notre pé1-ioùe fut préférablr il la seconde partie cl surtout ù la période précédente : « Le commerce clc France olTrc aujourd'hui des ruines et clcs débris », disait Robert Lindet à la fin de !"an li (20 septembre 1ï04) dans Je rapport ù ln Counution mentionné au chapitre n. Au début de l'an Ill il y eut l'érilablement une frénésie de trafic ou plutôt de spéculation que la lutte pour l'e\i:;tence contribua beaucoup à génér:,li:;er : d"après les rappo1'ls de police trecueil cl'.-\.ulard, 1: li, p. 40 et ;:i2), en dehors rtes gros propriétaire,, des Yoleurs et des filles publiques, « il n'y a que les gens de commerce et les agioteurs qui peuvent maintenant se pt'OcurGr l'existence• (rapport du 12 lhermiùor an lll-:30 juillet ·1793, Ibid., p. 122); • on voit des marchands ci--0evanl peu lorlunés acheter de belles maisons el des terres en campagne» (rapport du 18 fructidor an 111-4septembre 170:'>, Ibid., p. 216). Tout le monde s'en mêlait. On lil dans la Vedette du 29 nivôse an Ill-18 janYier 1793 (Id., t. l", p. 401) : « Depuis que les réqubilions et le maximum sont abolis, tout le monde fait le commerce; ne croyez pas que ce soit chez des marchands en gros, che7. ces grands détaillants, dans les grands magasins, les spacieuses boutiques que vous trouverez tout cc dont vous pouvez a,·oir besoin; mon lez dans presque toutes les maisons, au deux, trois ou quatrième étage, on vous montrera des comestibles, des drnps, toiles el autres objets à vendre•- Ainsi les marchandises envahissaient les étages après avoi.r transformé les rez-de-chaussée en bazars où, côte à cOlc, se voyaient les produits les plus divers (Mercier, Nouveau Paris, chap. ocxxi) : sucre et tabac, sel el mouchoirs, suif el dentelles, poivre et charbon, chapeaux et diamants, montres el pain, livres, huile, farine, tableaux et café, les mêmes marr.bandi~es sortaient d'une bouti_que pour entrer dans une autre; c;ar les, transactions avaient surtout lieu entre trafiquants n'appréciant plus la marchandise . .

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