Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HISTOIRE SOCIALISTE ce but, on avait accompli une heureuse évolution qui n'eut que le défaut d'èlre trop courte. Grétry donna bien quelques ouvrages, entre autres Anacréon rhe; Polycrate en i i97 el Élisca en 1700; mais il ne retrouva pas avec eux ses anciens succès. Furent plus heureux à des degrés divers :llèhul, dis~iple de Gluck comme Grétry, d'une inspiration toujours si sincère, avec Phrosine el Mrlido,· (iï95), Adrien, dont les chœurs sont très appr,\ciés, cl Al'iodnnt '1709), LPsueur, musicien de gr,rnd laient qui devait Oire le maitre de Berlioz, avec Paul et Virginie (li94), et Télémaque (l'/00), Cherubini avec /~/isa(lï\J\\, Médée (1ï!l7) et l !Mtellerie' portugaise lïO , Berton avec .l/011/ano et Stéphanie (l 790), Dalayrac avec Gulnarr, Primerose (ii08}, Adolphe et Clara (1709), Boieldieu avec ses premièrès œuvres cl, en particulier Zoraimc et Zulnar (ii98).Enfin Gos,ec, qui lut le créateur chez nous de la symJhonie et, au moins autant que Méhul, le compositeur attitré de la République, continua à écrire des hymnes pour les cérémonies officielles. Le, chanteurs les plus en renom de l'époque furent (iarat, Lays, Martin, Elleviou, Chenard, Gavaudan, :11m., Dugazon et S1int-..\.ubin. Notre période fut la période la plus tourmentée et la plus embrouillée de la Comédie-Française. Fermée le 3 seplembrt: 1703, à la suite de l'incarcération de la plupart de ses artistes, elle jouait à cette époque sur l'emplacement actuel de l'Odéon sous le titre de Thêàtre de la~ation. Les artistes qui n·avaienl pas été arrêtés, s'organisèrent au théâtre qui était alors rue de la Loi - rue Uichelieu aujourd'hui - là où est le Thé.lire Français, el consliluèrent le 'l'héàtre de la République qui, malgré son succès à un mo111c0ndl,evait rermer en pluviô,e an YI (révrier 1798). ncl.l.chés après le9 thermidor, les artistes empri•onné.s firent une courte apparition dans leur ancienne salle et passèrent bientôt au Théfltre Fei ùeau - n• 10 de la rue Feydeau - où ils alternèrent avec la troupe d'opéra-comique de Sageret : Paris avait ainsi deux Théâtres Français. :\lais celui de Feydeau se divisa. Les di,sidenls allèrent jouer d'abord au Thé.l.tre Louvois - n• 8 rue Louvois - puis dans leur ancienne salle, à l'OJéon, ce qui fit trois Thé.l.tres Français avec des éclipses passagères. Après une tentative de concentration de toutes ces troupes entre ses mains, Sageret, le directeur de Feydeau, ne put résister : le Thé/llre de la République qu'il avait rouvert avec la troupe de ce théâtre el celle prise déjà par lui à Feydeau fusionnées, ferma ses portes le 6 pluviôse an VIC ;:t;-, jamier 1700); la bande qui jouait à l'Odéon et qui, un in~tant au compte de Sageret, avait tenté de continuer avec ses seules forces, fut mise sur le pavé par lïncendie de l'Odéon le 28 ventôse an VII (18 mars 1799). Les artistes tirèrent chacun de leur côté : il n'y eut plus de 'l'héAlre Français. Des négociations eurent lieu avec l'aide du gouvernement et, à la suite de divers incidents et changements de domicile, la troupe coupée d'abord en deux, ensuite en trois, de nouveau en deux el enfin émiettée, se trouva finalement réunie sur l'em-

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