Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HlS'rOIRE SOCIALISTE mystères et d'horreurs de.\!•• l\adclilîe. D'ailleur:;, au même moment, le succ~s allait aussi à Pigaull•Lebrun qui avait commencé ses récits lestes mais souvent gais. Comme critiques d'art, il faut noter d'abord Émeric David qui recommanda aux artistes le travail d'après nature, ne renia aucune époque de l'art et défendit l'ancien art français dédaigné, il publia en 1796 son J\JuséP olympique de l'école vivante des beaux-arts; puis Amaury Duval, collaborateur de la Décade philosophique, revue dont le premier numéro avait paru le 10 Ooréal an 11(29 avril 1794). Au théâtre, lu censurr fut tantôt répressive, tantôt préventive: la loi du 2 aoùl no:3 prescrirnit la fermeture de « tout théàtrc sur lequel seraient représentées de, pièc'!S tendant à dépraver l'esprit public el à réveiller la honteuse superstition de la royauté •· Celle du 14 aoùl 1793 portait« que les conseils des communes sont autorisés à diriger les spectacles». Un arrêté du cùruité d'instruction publique (voir le recueil de ses P,·ocès-verba11c, 1>ar James Guillaume, t. !\', p. wO et ::;;;1)du 2'1 ou du 2;:;floréal an Il (13 ou 14 mai 1701), imposait à tous les théâtres 1, communication préalable de leur rép~rtoïreet,le 18 prairial suivant (6 juin lîOI), le comilé ùe salul pu\Jlic chargeait la commission de l'instruction publique "de l'e,amen des théàlres anciens, des pièces nouvelles et de leur admission " (.\rchives nationales, A F 11•, -tS). L'art. 356 de la Constitution de l'an Ill déclarait que • la loi surveille particulièrement les prnfessions qui intéressent les mœurs pu!Jliqucs, la silrelé el la santé des citoyens"· Enfin, l'arrêté dn Directoire tlu :?5 pluviôse an lV (14 février ii06), s'appuyant sur les lois des 2 cl 14 aoùl l~OJ et ;ut· l'article précité de la Coostilution, ordonnait au, officiers municipaux de veiller « à ce qu'il ne soit représenté ... aucune pièce do.nt le contenu puisse servir cle prélexle à la malveillance et occasionner du désordre ». En fait, les corrections ou interdictions imposées furent surtout ou serviles ou puériles. Parmi les auteurs et leurs œuvrcs lhéàlrales, je signalerai, pour la lragé• die, Marie-Joseph Chénier et son.Timoléon (1701) avec des chœurs de }Jéhu!, Duci, avec Abufar (lîOj) gui passe pour être sa meilleure œuvre originale, l'Agamemno,1 (1797). que le; amateurs du genre jugent remar~uable, de Népo• mucèoe Lemercier, Oscar (1796) et les Vénitiens (1708) d'Arnault; pour la comédie, trois pièces en un acte d'Alexandre Duval, le Souper imprévu, les llh'itiers (1700), les Projets de mariage (1798), et plusieurs pièces de Picard: à la fois auteur et acteur, en particulier les Amis de collège (1î95), .llédiocre et rampant (1797), el le Collatéral (1798); pour le drame - la représentation de Pinto de "lépomucène Lemercier n'ayant pas élé autorisée par le Directoire - la Jeunesse de Richelieu d'Alexandre Duval (1796), Falkland de Laya,.(1790), el Misant/trope et repentir, de Kotzebue, traduit par Bur,ay el « arrangé à l'usage de la scène française • par M- Molé (i700). Notre plus gt'aDd auteur dramatique dans le dix-huitième siècle, au point de vue social, Beaumarc:hais,mourait à Paris le i8 mai i700; deux jours après, le 20 mai

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==