Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

lllSTOIRE SOCIALISTE 211 Saint-Germain-des-Prés avait malheureusement élé détruite par un incendie dan, la nuit du 2 au 3 fructidor an Il (19 au 20 aoOt l7\H). Le Musée du Louvre, après divers retards, anil été ouvert le {8 brumaire an II (8 novembre 1793) cl le projet de conslituer des mu,écs dans les départements date de celle même année : le 10 fructi,lor an Il[ (27 aoùt 170;',), on ounail celui de Toulouse; d'autres musées s·ouvrircnl nolammenl à Marseille, Lyon, Avignon, Rennes (rapport de Daubermesnil au, Cinq -Cents, le 3 \'endémiaire an \'11-24. septembre :l798). Quant au )fusée du Louvre, je dois constater que, dès la fin de l'an li, on eut recours, pour l'enrichir, à un procédé c1uine saurait être trop flétri. Des chcfs-d'œuvrc de !"école flamande étaient enlevés de Belgique el expédiés à Paris aux applaudissements ùe Grégoire (rapport, cité plus haut, du Ili fructidor an Il} pour qui cela n'élail pas du ,·andalismc, au contraire; dans la séance de la Convention clu 1,• jour sansculotlide de l'an li (20 septembre Iî91), Guyton de Morveau annonçait• !"arrivée du premier envoi des superbes tableaut recneitlis dans la Belgique "· Ces spoliations, ces indignes abus de la force, que Bonaparte el le Directoire devaient en llalie, sur une plus grande échPlle, l'un commettre, l'autre encourager, furent réprouvés, à la fin de l'an IV (septembre 1796), mais rien que pour lltalie, dans une brochure de Quatremère de Quincy :nlilulée LeUres sttr le préjudice qu'occasionne1•,ât à la science le ,l,'placement des mom,menls de l'Italie; à la suite de la brochure figurait une pélilion dans le même sens signée, sans distinction d'opinions, par de nombreux artistes tels que Lelbière, Fontaine, Percier, hloreau jeune, Lesueur, Pajou, Dal'id. Suvée, Yien, Girodet, Boizol, Soufflot, Roland. Il est vrai que d'aulrcs,parmi lesquels Isabey, Gérard, Carle Vernet, Lenoir, signèrent, en sens contraire, une pélition publiée dans le ,llonilew· du J 2 1·endémiaire an Y (:3 octobre iîOO . Oe qu'on prit ainsi !ut repris plus tard; cependant est restée au )luséum la collection cl"histoire naturelle du stathouder sur les biens duquel • la France croit devoir exercer un droit ... qui lui est acquis par la force des armes », avait tranquillement écrit, le 21 ventôse an Ill {li mars 17%), à l 'asseml:>lèe bala1·e, notre rej>résenlant près l'armée du Nord, Alquier (Moniteur du 13 germinal-2 avril i795). A la suite d"une proposition du général Pommereul, l'auteur, en ran IV, des lnslilutions propres à faire fleul"ir les arts en France, Benezeob, ministre de rlnlérieur, par un arrêté du 23 floréal an V (12mai lî97j, adjoignit au Muséedu Louvre, sous le nom de Chalcoqraphie française, un éta- .blissemenl chargé de l'exécution de gravureR, soit à l'aide des planch~s anciennes dont il devenait le dépositaire, environ un millier, soit avec les planches nouvelles qu'il ferait exécuter, et de la vente des épreuves. Celte vente élaiL complètement organisée le 1" prairial an Vll-20 mai 1709 (recueil d'Aulard, L.V, p. 517). La collection de monuments de l'ancienne statuaire française el d"objets d'art, formte par,Alexandr~ Leno.ir el disperiiée par la Restauration, avait élé

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==