Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

210 IIISTOIHE SOCIALISTE faire hénéflcier de leur silence inique tous ceux qui tentèrent d'enrayer le mouvrmPnl lifo1ocr~liq11e.. \h ! si ~lcrcier, au lieu d'avoir été un Girondin, avait été un Jacobin ou un ~lontagnard, quel étalage indigné de leur amdur de l'art n'aurions-nous pas eu à propos de celte phrase écrite dans un rapport ridicule, qu'elle ne dépare pas, au Conseil des Cinq-Cents, le 17frucli,lor an IV (!l ,cplcmbre 1700) : « C'est le refrain éternel de la folie de crier au vanclalisme, parce que l'on a mutilé des monuments périssables •· Si M. Courajod n'a pas reproché celte phrase à Mercier, il est vrai qu'il a signalé une autre opinion de celui-ci, mais pour la reprocher aux républicains avancés de la Révolution. ~lercier ayant, avant 17 89 (L'Ecole royale des élèves ptotégés, p. Lxxxrn), combattu l'institution d'écoles gratuites de dessiu, M. Courajod traduit: « voilà cc que les révolutionnaires pensaient des arts en général »; puis, prévoyant l'objection que su:;cile un pareil procédé, il se borne à déclarer péremptoirement à la page suivante : « qu'on ne m'objecte pas que je rrnds la Rérnlution inju,lcmcnl responsable des opinions personnelles d'un excentrique écrivain dont l'orthodoxie démagogique est su~pecle •• el il maintient son inqualiOable généralisation. Laissons les gens d'une partialité si difficile à satisfaire cl voyons les actes. Les Archives nationales in,talli•es au Louvre en vertu de la loi du 20 février 1703, avaient été organisées p,r la [,)i du 7 messidor an Il (25jui11170i,; mais c·est un arrèlé du 5 floréal an IV (21avrilt700) qui constitua pour P,iris le bureau de triage auc1uel en grande partie fut dù leur classement. Pour la prû1'i nec, la loi du 5 lJrumairc an \' (26octobre 1700) avait décidé le transport aux chefs-lieux des départements des archives précédemment cen lralisées aux chefs-lieux des ùi,tricl-. 1;11e loi du;?:, vendémiaire an IV (17 oclobrJ 1795), sur l'organisation de la llihliolhèque nationale, ancicn~e Dibliothèquc du roi, mettait à sa léle huit conservateurs, deux pour le, imprimés, trois pour les manuscrits, deux pour les antiques, médailles et pierres gravées el un pour les estampes, qui, tous le, ans, désignaient parmi eux un directeur. La Dibliothèquc SainleGenevièlC saisie comme bien de corporation religieuse el nationalisée, était devenue la • BilJliothèque du Panthéon ., qui servit alors surtout aux écoles centrales; la Bibliothèque illazariue, devenue la « Bibliothèque des QuatreNalions », resta ce qu'elle élail. En frimaire an Ill {décembre 1791), avait été, grâce notamment aux collections du comte d'Arloi,, constitué le « dépôt national lillèraire cle !'Arsenal », qu'un arr~lé du Dirdcloi,·e, du Ofloréal an V (28 avril t707), transforma en « Bibliothèque nationale el publique de !'Arsenal ». 'l'oules cesbibliolhèques purent, en vertu de ln loi du 26 fructidor an V (12 srplc111bre t 797) cl de diverses circulaires ministérielles, avec certains privilèges spéciau. pour la Bibliothèque 1iationale, s'accroitre en puisant dans les dépôts provisoires où avaient été placées les bibliothèques des émigrés et des communautés ecclésiastiques. La bibliothèque de l'ancienne abbaife de

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