HISTOIRE SOCIALIS'l'i,; 200 copies de ces prototypes, déposées aussi aux Archives, qui sont devenues les étalons légaux pour la France: le mètre et le kilo de l'an VII, laissés aux Archives, n'ont plus qu'une valeur historique. Si, dans la période révolulionnaire, on s·est, d'une façon générale, indiscutablement intéressé aux œuvres scientifiques, en fut-il de 01ême pour les œuvres d'érudition ou d'art? Cela est con lesté par certains auteurs d'autant plus sévères qu'ils le sont de parti pris. Sans doute, des destructions regrettables ont eu lieu; seulement ces destructions, qui n'ont pas été spéciales à cette période, caractérisent non l'esprit des révolutionnaires, mais l'ignorance des esprits qui étaient en la circonstance ce que l'ancien régime les avait lait:;. C'est ce qu'a dll constater l'homme dont les ra11ports mensongers du i4 rructidor an II, 8 brumaire el 24 frimaire an Ill (31 aollt, 20 octobre el i4 décembre i79,) sur les actes de • vandalisme • ont été exploilés avec amour par tous les réaclionnaires, l'évêque Grégoire. Entre parenthèses, lorsque celui-ci, parlant du • vandalisme •, a écrit dans ses Mémoil'es (l. I", p. 3116): « Je créai le mol pour tuer la chose •• il s'est vanté, du moins dans sa prétention d'avoir été le premier à vouloir empêcher la cho,e. Quant à la création du mot. M. Eugène Despois (Le vandalisme 1·dvo/11tio1111airc, p. 222) a ohjecté, à tort, que ce mot se trouvait déjà d 111s un rapport de T..ak1nal(voir Procès-verbaux du comiti d'instruction 7n1bliq11e, de J. Guillaùme, t. I", p. 478); en tout cas, ce rapport aboutit à un décret de la Convention du 6 juin i793 ayant pour but de réprimer la cho,c: « La Convention nationale, ouï le rapport de son comité d'instruction publique, décrète la peine de deux ans de fers contre quiconque dégradera les monuments des arts dépendant des propriétés nationales"· Grégoire a 11it 111 i- même de ces dégradations clans le dernirr rapport rité pins hant (.1lo11iln1r du 27 frimiire- li rlécemhre, p. 365): • Yoilà les efTets de l'ignoranre •. C'est ce qu'a avoué aussi, sans le vouloir, 1l. Courajod; parlant dela Convention apr,'s Thermidor, il écrit dans son volume, Alexandre Lenoir, etc. (p. xxn): « Elle ne changea pas et elle ne pouvait pas changer les mœurs, les idées et le tempérament révolutionnaires »; or (p. eux), il remarque que « ces hommes étaient tels que les avait faits le milieu dont ils sortaient ». Ce que ne pouvait chauger la Convention, ni avant ni après Thermidor, n'était donc, de l'aveu de M. Courajod, que le résultat du régime monarchique qui les a,·ait ou plutôt ne les avait pas éduqués et qui parait lui a,oir été cher. La preuve que ce critique a plus écout1l ses passions rétrogrades qu'un amour désintéressé de l'art, se trouve dans sa manière d'apprécier ce quïl ne peut vraiment pas désapprouver: quand le blâme ne l~i est pas pos,ible, on agissait • plus ou moins consciemment » (p.xxm); quand on a parlé trop clairement dans son sens pour permettre la moindre insinuation d'inconscience, • on hurlait ... en raveur de l'art » (p. xuv). Du reste, les Courajod toujours prêts à calomnier outrageusement les partis avancés, savent
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==