Jean Jaurès - La Convention

iS!R 111S1'01RE SOCIAL1S1'E « Cn auimc e,l ouverl $OUS nos pas; il ne faul pas hésiter à le comlJler de nos catlaHrs; ou à triompher des lraîlres. » Jlobe,nierrc monte it la lribunc pour répon,lre. ~lais les cris : « A bas le l) rn 11! .\ has le tyran! » co11nenl sa voix; c'6lail le mol d'ordre concerlé dans les c·onciliabules noclurnes qu'ayail mullipliés Fouché. Tallien s'esl <:lancéa côté de Hobe,pierre : « Je me suis imposé ju'<Jnïci lè silence parce que je savais a·un homme qui approchait le tyran de la France quïl avait formé une Jisle de proscriptio11.J,• 11""ipas voul11 récriminer; mais j'ai vu hier la s6ance des Jacobins; j"ai frémi pour la palrie; j'ai YU se former l'armée cln nouveau Cromwell, el j<' me suis armé d'un poignard pour lui percer le sein si la Convention nalionale n·arniL pas le courage de le décréler d'11ccusalion. » 1lais, a rnnl loul, les en n<'misde Robespierre \'Culent briser les appuis qu'il lroll\erail au dehors. Tallien demande l'arreslalion d'lleoriot el la permanence ,ic la Convention« jusqu'it cc que le glaive de la loi ait as.;uré la Ht•,·olution. » li ne restait plus qu'à arr.'Ler Bubcspierre. ;\lai- il scmhle que devant l'iicle décisif la ConYenlion hésitait encore. N'allait-elle point 1:rapper la llévo• lu lion ~lle-m,•me ·? Tallien la décide cl l'entraîne en élevant au-dessus de Lous les individus la gloire cl la force impersonnelle de la Hévolution. li <léuonce « cet homme qui dernnl être dans le Comilé de Salut public 1~défenseur des opprimés, qui del'anl ètre it son poste, l'a abandonné depuis quatre M..aM,; et il quelle époque'? Lorsque l'armée du Nord donnait it Lon;; ,es colli•;,ue, rlè , ivr, sollicitude$. li ra abandvnné pour venir calomnier le Comité, ri 10115 ont sa11i·,' la pali'ie. » (Vifs applaudis.1ements.) ELTallien, ayant donné aux Comités tout le bénéfice des victoires, concentre sur Robespierre toulr la rcspon,abilité de la Terreur. « c·e,t pen lanl le temps oü ltolJespierre a été chargé de la police générale 11111• les actes d'opprc,sion particulière ont été commis. • « - c·esl fan x », cric 1\ohe,pierre li gradl les premiers degrés de la tribune el, ne pouvant plus se fail·eentendrr clans le tumulte, il fait appel ùu regard aux patriotes de la }lonlagne. lis ne le connaissent ]>lus. c·e,t l'heure ùes abandons. Ils détournent la l•'te. Puis, comme pour opposer coalition à coalilion, Robespierre s'écrie, s'adrc:;- san l it la Convenlion en li ère : « C',•st il l'Ous, hommes pur,, que je m'adresse, el non pas aux bri5anùs. » .'.\laisquoi! la guillotine manœlll rée par un homme sera-l-elle chargée de discerner I,•, hommes purs drs ur1gands? La l~mpêlc s'élève plu, forte. Robespierre près de sombrer interpelle Collot ù'llerbois qui présidail cl qui aidait au naufrage : « Présiùenl d'assa,:;ios, me donneras-lu la pnrole-'1 » :\lais 'rhurial le danloniste a pris au fauteuil la place de Collot. Après

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