Jean Jaurès - La Convention

lllSTOl!lE SOCI.\LISTI•; l'omhrc élriqu,··r dïléherl, c'pst la gr:tllllf' on1hre < le Danlon qui (Jrèsi,I,·. f.L c·e,L Danton qui dil à l\ohc,pierre: • Tu n'auras la parole qu'à ton tour. • :\lais Uanton, vraiment, l'au mil-il dit? La v h <le Robespierre ,c IJri,e et ,enrou,'. Garnier de l'Aube lui crie : " Le sang de Danton l'étoutTr. • ELlui, en un dernier elfort de parole: " - C'est donc Danton que mus voulei venger. Lâclu.~, po111·q1wi ne l'm·e::; cou~pa, d,fendu :• • EL je crois surprendre dans celle ar,oslropbe • suprême l'accent d'an r,'grcl dé,espèré. L'ob,cur Lourlwl intervient pour la parole rléci,;ilc : • Je deman,le le décret c•'accu,ation c, ntrc lluh<'spkrre. » L'arrc,Lalio .. è•t ùèciclée. Pl n~n pas !le ffobc,pierre seulement, mais de Sair,t.Ju,t et ,e Co uthon. l\ohpspicrre jeune et Lrhas !le111.in•lt-nteux-mêmes à ttre frappé,; a,ec leur ~ran,I ami. La Co,n·ention, émue, rn i, n··,olue à en finir, lait droit à leur r1•1111t'l•' : tous enscmlJle 1le,cPn1lrnl à la barre, et ,ont remis au, hui,,iers 11ui bé,-itrnl à me tire h main sur ceux qui tout ,1 !"heure encore rcpré,entaienl le gouvernt'ment de la llévolulion triomphante. Est-ce par peur au,si, ou •m un mol d'ordre sccrel? Les ::;Pôlit·r, d,·, pri- ,ons relusenl de recevoir ces pri-01111i,·rs reùuutablP ~. Ccu\-ci rnnt à l'Jlôlel de Yille, et aus•itàt, sur la motion rie llarère, il, sonl mis hors la loi. Allail'ntils répondre par la force à ce décret? llobespierre cssaiera-l-il, soutenu par h Commune, les Jacol.Jins, la g:1rde nationale, de !aire violence à la Convention·? Plu,ieurs de ses amis le pre.sèrent d'agir. Après quelques bésilations, il ~·r refusa. Ce n"élait plus un 31 mai el un :? juin qu'on lui demandait. La Con\'cntion, rn le déc rélanl d'arrc-lalion, en le mettant hor, la loi, sétait engagée tout entière' contre lui. c·esl la Convention tout entière qu'il dei rail briser. Au nom de qu,•I principe! En ,-crtu de quel droit? Et que fera il-il le lendemain? JI ne serait plus qu'un diclateur p,'rdu dans le , ide el ùicntùt dé1on• par les a rmées, un sous-Crom\\ Pli cil·il à la merci du premier aventurier militaire qui préte ndrait corrig-er le coup d'Elat par le coup d'Etat. li allcnclil. Cependant narras et Léonard Ilourdon, au nom dr• la Convention, parcouraient les rues de Paris, haranguanl les citoyens, les appelant contre le « tyran •• contre • le factieux •· Et Lous ceu~ qui étaient lassés par la tension extrême des choses, et qui allendaient vaguement de la chute du grand homme je ne sais quel a paisement de la vie, tous ceux qu'émouvaient encore, après tant de mutilations sanglantes, le prestige de la Convention et le mot de loi, se ralliaienL à eux. lis entrainèrent plusieurs tectlons, et envahirent !'Hôtel de Ville. Un gendarme, d'un c oup de pistolet, lncaMe la macbolre de Robespierre : Couthon esl gravement bl essé d'un coup '

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