Jean Jaurès - La Convention

IIISTOIR8 SOCIALISTE ISlï vaille avait été expulsé des Jacobins, Panis s'opposent à cc qu'il soit envoy6 au'Cdépartements. Charlier veut amener R0bcspierre à prononcer des noms: « Quand on se vante d'avoir le courage de la ,crlu, il faut avoir le courage de la vérité. Nommez ceux que vous accusez. » Si l\obespierre les nommait, si peu nombreu'C qu'ils fussent, comme ils représentaient toutes les tendances de la Convonlion, toute lu Convention se sentirait menacée. )lais s'il n'osait pa'S les nommer, quelle solution c,pérail-il? Il garde le silence. Ilriard le dessaisit en quelque sorte de sa dictature incertaine par un mot qui rélaùlissail le pouvoir de la Convention : • C'e:;Lun grand procès à juger par la Convention clle-m~mc. • El lu Conwntion décida que le discours ne serait pas envoyé au, déparlcmrnts. flobespierre avait fait l'essai de sa forre morale. Elle n'avait pas suffi à dompter la révollc des Conventionnels menacés. li était perdu. JI dit le soir au, Jacobins, après a,·oir lu le discours qu'il venait de prononcer à la Convention : « C'est mon testament de mort». Saint-Just, rappelé de l'armée, est sollicité, dans la nuit tragique du 8 nu O thermidor, par les ennemis de Robespierre, par la fraction du Comité de Salut public dont Billaud-Yarcnnes était le chef. Saint-Just ne voulut point trahir Robespierre; mais il chercha une transaction. JI reconnut que nobespierre avait eu lorl do s'éloigner longtemps des séances du Comité de Salut public; mais il accusa Ilillaud-Yarennes el Collot d'Herbois d'avoir cherché, en l'absence do Robespierre aigri, d~ Saint-Ju,t délégué aux armées, de Jean Bon Saint-André toujours sur les côtes on en mer, de Couthon malade, à s'emparer du gouvernement révolulionnairc. Son plan semble avoir éle de renouveler le Comité de Salut public. de l'élargir pour en faire disparaitre l'esprit do coterie, el de ranimer, par ce renouvellement môme, la puissance de la Convention. :liai~ l'heure n'était plus à des projets transactionnels qui n'auraient rassuré per~onne: qui dominerait en elfel dans Je Comité renou- ,·elé ou complété? et qui tiendrait la hache? Saint-Ju,L, le O thermidor, ne peut lire que les premières lignes de son cliscours. Entre Robespierre el ses ennemis la bataille est engagée à fond. Billaud-Yar~nnes et Tallien mèt\Cnl le combat. Dès que Saint-Just, au début m~me de son di-cours, fil allusion à ses controverses avec Billaucl-Yarennes: • La confiance des deux comités ml10norait, mais quelqu'un cette nuit a flétri mon cœur "• Ilillaud-Varennes l'iuterrompit avec violence, el s'empara de la tribune. • Sachez, citoyens, s'écria-l-il, qu'hier le pré~iclenl du tribunal rél'Olulionnnires a proposé ouverlemenl au, Jacobins de chas•er dè la Convention Lous les hommes impurs, c'est-à-dire tous ceux qu'on veut sacrifier; mais le peuple est là, el le, patriotes sauront mourir puur défendre la liberté. • - Oui, oui. s'écrient un grand nombre de Conventionnels ... ,, Dlllaud-Varennes reprend :

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