1810 IIISTOIRE SOCIALIS'J'~ combat, elle délogeait les Autrichiens du champ de bataille de Pleurus el les oblige~il iL la retraite; lcl22 messidor, elle entrait triomphalement à Bruxelles. A chaque victoirf' nouvelle, il devenait plus difficile à Robespierre de frapper le Comité de Salut public; et c'est pourquoi Barère dira plus tard : « Les victoires s'acharnaient sur Robespierre comme des furies. ,, L'heure de la crise est venue. Robe,pierre va rêver à Ermenonville sur les traces de Rousseau; il va demander à lïnnocence première de ses songes et de ses pensées la force d'aller jusqu'au bout dans la voie sanglante; et le 8 thermidor il pprte la bataille devant la Convention. Il se plaint qu'on ait d'abord accusé le Comité de Salut public rie dictature et de tyrannie et que peu à peu cette accusation ail été concentrée sur sa seule tête. Il se plaint que pour le perdre on lui prête le dessein d'amener la Convention il se détruire elle-même, à se livrer en détail. li affirme que ces craintes sont vaines; que « les fripons ". sont en petit nombre; el il demande si la Hépublique, qui ne pouvait vivre que par la vertu, sera sacrifiée à celte poignée de fripons. Quoi donc, et suffirait-il que la Convention lui livràl quelques lMes encore pour que tonte difficullé etlt disparu? Quelle serait donc le lendemain sa polilique? Et la menace à peine déguisée que Je discours contenait contre Cambon suffirait-elle à rendre possible une nouvelle politique financière et économique? Ces « fripons», en petit nombre, Robespierre ne les nommait pas; el ainsi la menace, qu'il avait voulu limiter, étant vague, était immense. JI n'y avait pas de Conv enlionne! qui ne fùl sous le couteau. El pui:<, quand cette "poignée de fripons•• aurait été abattue, quelle assurance avait JaConl'enlion que Robespierre ne lui demanderait pas le lendemain et le surlendemain des fournées nouvelles? Je ne sais pourquoi Buchez et Roux cfüenl que le lori décisif du discours de Robes1iierre fut de n'être que la préface du discours que Saint-Just voulait prononcer le lendem:1in, el où il annonçait que le Comilô de Salut public remettrait ses pouvoirs à la Convention. Ce fut la supt·ème lactique ùe Saint-Just se séparant il demi de Robespierre. l\ien n'autorise à dire que ce fut la pensée de Robespierre lui-même. Sans doute il n'était pas prêt à dissoudre le gon vernemen t révolutionnaire et à ren lrer désarmé dans celle Convention où fermentaient tant de colères, de rancunes et de craintes. Et si le vague de son discours du 8 thermidor fut une faute mortelle, ce ful une faute inévitable. Dans la voie où il était entré Robespierre ne pouvait pas dire: Voici quel sera le dernier pas. li s'était condamné à réserver toujours la possibilité de frapper encore. Cependant le prestige de Robe$picrre n'était pas dissipé encore. Son discours fut applaudi. Mais Charlier, Cambon, Amar, Billaud-Varennes qui la
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