IIISTOIItE SOCIALISTE 181;'; on se souvient qu'il avait refusé de signer la mort de Danton, disant: « Je suis ici pour nourrir les patriotes, el non pas pour les tuer.• Isolé, aigri, Robespierre cesse, dès le commencement de messidor, de paraitre au Comité de Salut public. Ou du moins il cesse d'y prendre si part d'action et de rcspon,abilité. Pourquoi 'J. Hamel s'obstinc-l-il à le nier·? Il cite en yain quelques signatures apposées par Robespierre, en ces dernières semaines, au bas de quelques arrt':lés du Comité. C'était la pait de beso;;ne mécanique. )lais les délihtlralions politiques furent suspendues. C'est Saint-Just luimême qui le déclare dans son discours du 0 thermidor. Robespierre, ne pouvant plus compter sur la loi de prairial, avait a[eclé de se désintéresser d'elle. ':'le pouvant plus compter sur lt! Comité de Salut public, il a[ecle de se désintéresser de lui. El n'étant plus le maitre du gouvernement il lais,e à d'autres la responsabilité du gouvernement. Lui, il va préparer sa rernnchc. Il va tenter de faire tomber, par d'autres moyens, les t<'te, que la loi de prairial ne pouvait plus lui donner. li s'assure du concours toujours plus élr0il des Jacobins. Ils arnienl continué à être uni, de cœur à llobespierre. C'csl en lui, en lui ,eul, qu'ils voyaienl la démocratie, la llévolulion souveraine el organisée. C'est en lui, cle plus en plus, qu'ils concenlraienl la Hé\'olulion. LaC01nmune, où l'agent nalional Payan a remplacé Chaumrttr, el le maire F!Puriot. Pache, lui est Loule dévouée. llcnriol, qui commande la garde nationale. esl aussi dans sa main. Tlsera-t-il de la force du peuple pour violenter la Coll\·enlion, pour lui arracher contre ceu, qu'il voulait perdre le déerel cl'accusalion dont e\les'élail réservé l'initiative? Non, Hobespierre compte encore sur la force de sa parole, sur son autorité morale que l'inlrigue occulte a pu miner, mais qu'elle n'a pm,détruite. li prend l'o[ensive aux Jacobins contre Foul'l1•·. Il lui reproche sa politique malérialisle cl athée de la è\ièHe; il lui reproche aussi, comme pour mêler tous les griefs el donner des gages aux réYolulionnaires, d'avoir mallrailé les démocrates lyonnais les plus fervents, les amis de Chalier. Fouché se garde bien d'accepter le combat en champ clos aux Jacobins ; surpris par une première attaque, el invité à s·e,pliqucr à une séance ulléricure, il ne reparall pas; mais il noue contre Hobe;pierre les fils ùe la conspiration. Il va la nuit avertir les Conventionnels qu'il sait ou qu'il croit ou qu'il veut croire menacés. Des listes de proscri1ilion, grossies tous les jours par l'intrigue et par la peur, circulent. Qui sail si la Convention, lrounnt un sursaul de courage dans l'excès même de la peur, ne frappera pas la première ·1 Précisément, dans 1~période où Robespierre semblait avoir retiré sa pensée ,111 Comité de Salut public, les victoires ,e faisaient plus éclatantes. L'armée de Sijmbre-et-)leuse, constituée sous le commandement de Jourdan avec Kléber el Marceau pour lirulenanls, arnit accentué sa marche; le 7 mcslidor, elle s'emparait de Charleroi; le 8 mcs,iùor, après un Ion,; el !(lorieu,
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