i8i4 Hl8T0IRE S0ClALIS1'g 1aisser ù ceux qui en avaient contrarié la valeur poli ligue Ioule la responsabilité de son fonctionnrmenl. Dr son côté, le tribunal révolutionnaire, comme s'il eùl voulu échapper lui aussi à des respons,ibililés effroyables en se donnant je ne sais quelle apparence d'automatisme, interpréta la loi de prairial comme une loi de meurtre mécanique. Il s'agissail de luer le plus possible. Les accusés couvraient chaque jour toute une série de gradins: ils étaient expédiés d'un mot; et les t,'trs tombaient par centaines. Ce fut la graIJde 'rerrcur qui fil plus de victimes en quelques semaines du 22 prairial au 9 thermidor, que n'en avait fail le régime révolutionnaire de mars iï93 au 22 prairial an JI. Autour de la guillotine il y avait une intrigue effroyable. Robespierre n'intervenait pa~. il ne modérait pas le jeu de la terrible machine pour bien marquer que ce n'élaiL plus sa machine à lui, que cc n'dait plus sa loi à lui. Et d'autre part, Fouguirr-Tinl'illc, l'accusateur public, cl les jurés, affectant de ne pas voir que la loi avait perdu une grande partie de ce qui en a,ait été pour Robespierre la raison d'être, la faisaienl fonctionner à plein. Si elle rendail Robespierre odieux rnns le rendre plus forl, plu,ieurs s·en consolaient. El Robespierre ne pouvait pas dire: Vous sal'ez bien que la loi a perdu ,on objet, puisqu'elle ne peut plus faire justice des scélérats réfugiés à la Convention. :'Ion, il ne pouvait pas dire cela: il ne pouvait pas désavouer la machine estropiée gui tuait en son nom. Sr~ ennemis ne laissaient point passer une occasion d.e le compromettre el rie le perdre. Ils firent grand bruit autour de la pétition d'un zélalenr de l'Elre Suprême qui demandait qu'on ne pùl, par des jurements, profaner le'nom de Dieu. La vieille inquisition n'allait-elle donc pas renallre? Oui, inquisition el dictature, el Robespierre, selon le mol de Saint-Just, allait être accusé de « faire marcher devant Dieu les faisceaux de Sylla ». rJne illuminée, une folle, Catherine Théos, liée au bénedictin dom Gesrle, annonçait une ère mystique où Robespierre serait le sauveur des hommes. Le Comité de-Sùrelé générale inslruil celle alîaire ridicule, la grossit, el Robespierre a de la peine à sauver ia prophétesse de l'échafaud. L'incorruptible préparerait-il donr, sa tyrannie en corrompant l'espril des simples par le fanalisme religieux? Barère, en une sorle d'empressement ambigu, louait cyniquement la loi de prairial, peut-être pour faire sa cour à Rohespirrre, peut-être pour aggraver la terreur. universelle par des commentaires d'épouvante : « li n'y a, disait-il avec une sorte de jovialité calculée et atroce, il n'y a que les morts qui ne reviennent pas. » Billaud-Varcnnes el Collot d'llerbois ou boudaient ou même, dans des séances orageuses du Comité de Salut public, atlaquaient Robespierre: Barè!'e se réservait; Saint-Just était anx armées; Carnot, Prieur s'enlermaient dans leur spécialité militaire. Lindet ne s'occupait guère que dea subsistances, el'
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