Jean Jaurès - La Convention

IIISTOlllE SOCIALISTE 1811 • Ceu~ qui auront rherché il égarer l'opinion Nil emp,'cher 1ïn,1ruclio11 du peuple, à d<-praver les mœur,, à corrompre l:t ron,cicnee puoli,1111•... • \"raimenl, aYec dt•, délits aussi nc:ues il u·y a\'ail 11asun ho111rnc 1•11 France, conlre-révolnlionnaire 011révolutionnaire, que la lui du:.!:.?11raidal 11c rncnaç.U. ELquelle proc,'dure sommaire! quelle ,anclion lemlilc ! • Ll 1,eine portée contre Lous les dèlils donl la connabs:rnce apparli ..nl au tribunal réYolulionn aire esl la morl. • La preu,e nécessaire pour conclamner les ennemis du peuple e-L lrmle e:spèce de document, soit mal 1'riPI, soit moral, ,oil ,·erbal, ,oil écrit, qui 111•11l nalurellemenL obtenir l'assenlirncnt de lonL cspriL ju,Lc l'l raison11ahle. Ln rèéle cles jui::rmcnls c,l la conscience des jurés érlairé, par J'amonr clr la 1n· trie; leur bul, le lriomi,he de la l\,•puhl iqne cl la rni11c cle ,es Pu-1c111is;la procé,lure, le, moye11:; ,im~les q ur le hon sens indique pour parYcnir à J.1 connaissance de h ,érilé dans les formes que la loi délrrmine. • Sïl e,istc ùes preu,·es, ~oil malc'rielles, mil morales, indt·peudam111cal de la preuve lestimonial,>, il ne sera poinl entc•rHlu de témoins; il 111oin, q11• l'PllC furm1lilé ne parais:,~ nécc;;;'lire, ~oit I our clCcouvrirdes complkl!.s, ~oil pour d'autres considérai ions majeures d'inlér,'l : nblic. • La loi donne J>our défpn,eurs aux palri,ilt•, calomniés des jlll'é, ,,alrioles; elle n'en accor,le poinL aux con, piraleur,. • Ainsi, pas de témoins, ,aul h•s lémuiu, it charge; pas cle défenseur,: p 1s d,• cléhals: c"élail une exécution sommaire. Celle• loi de prairi,11esL comme u11 couteau fanlasLique, h1bile à St' glisser partout cl il ,;'in,inu~r comme une ombre, el retrouvant ,ou Iain, sur le~ \'Crl~hre, 1)11 cou, sa rigi,lilé meurtrière. Dès mainlcnanl, et en Loule hypollH'sc, fiol:e,pierre esl perdu. C:ctlc loi démontre quïl ne suffisait plus it lïmmcn,ilé clupruLlème el des éü· 1,·menl,, et que le ,ide mème lab,é par l,1 disparition de ses adversaires lui tlounail !,• vertige. l~videmm~nL, sïl a propos6 el impos6 au Comité de SaluL public celle lui atroce, c'est dans !"espoir el la pensée d'l'n finir ,itc. Pas ,Je discussions; rien qui rappeli\l les scènes du procès des dantoni,lcs; la mort muellc, rapide, éloultante. Robespierre s'est diL qu'après quelques sem.1i11C'sde ,·o régime il aurait si bien glacé d'épo urnnle tous Je,; ennemis de la llt"·,olulio11, et ;Jau rail éliminé si bien Lou, ceux qu'il appelait• les faux r6volulionnaires ., qu'il lui serait possible d'introduire en fin un régime normal. L'excès de la Terreur de,·aiL conduire à !"abolition de la Terreur. Hoh,,,. pierre rêrn d'inlensiO~r le terrorisme, de le concentrer en quelques semai· ne< eltroyables et inoubli,1bles, pour avoir la force cl le droit d'en finir avec le terrorisme. A diluer la Terreur, à la prolonger, on risquait d'énen cr il jamais la Rt\,·olulion. (Jue toute l'épou,aule soiL ramassée en quelque, jours. 0 mort, ouvrière ~inistre, dépêche-loi, fais ta besogne en hllle; ne te repose Ill jour, ni nuit; el quand Lon horrible lâche sera faite, lu reccvr,1s un congé !Wlallil.

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