Jean Jaurès - La Convention

l!ISTO!HE SOCIALISTE 1803 esl venue du dehors apportée par le baron de Batz; c'6tait un projet de famine. li e,l très géoéralemcnt reconnu aujourd"hui dans l'Europe. que l'on complait sur/a famine pour exciter le courrou..c populail'e, pour dlt!'llÙ"P la Conrenlion, et sur la diçso/ution de la Convnition pour dicltirr•r rt rb:- membrrr la .France. La circulaLion des denrées est nécessaire, là /JÙ Loul le monde n'a pas de propdété et de mali~re première. Les drndrs 1/P ri,-rnll'nl point là où ton taxe(c'est Saint-Just qui souligne) ... JI faut tirer le, a-signats de la circulation en mellant une imposition sur tous ccuî qui ont régi les alfairrs, et ont traYai!lé à la solde du Trésor public. • Oui, mais c't•,t précisément à propos de ses vues que Saint-Ju,t se rappelle à lui-mème la loi de la prude, ce. qni est crattcndrc, ùe lru,.,er mûrir les iùéPS. • On eùt pré,enté la cigui· il celui qui elit dit ces choses il y a huit mois; c'est beaucoup d"ètre 1leYenu ,age p:ir r.. ,p rience du malheur. Que cet e,cmple nous apprenne à ne point rnnllruiler les hommes s61'èrc, qui nous di,Pnl la vtrilé. « 11 ne faut pas que les gens de hicn rn ,oient rMnils à se j1i-tificr du hiPn puhlir c!P,anl les sophismes dn cd111r. On a lwau dire qu'ils mourront pour la patrie; il ne faut point qnïb meurent, mai, quïl, viYent, Cl que lrs lois les rnutientH'nl. JI faut qu"on les mette à l"ahri des l'engeanc .., de 1ètrongrr. Je co1isPille donc (c"est encore Saint-Just qui souli!(ne) â fou, rru.r qui ,:011dto1llle biPn, 1/"a!Lendre if moment propice pou,- fr faire afin d'écilrr l,1 célt'brité que l'on obtirnt en l, fais,mt tro11 1,)1. " Toutes ces formule, cachent mal un en\barras immen,e. 1l manquait à Robespierre, qnelquc µrand quïl fût, précisément les qnalités nér,,s::aires à la solution du prohlètn(•. Ceri es, il aYait appris tlepuis des moisit assumer les responsabilités les plus directes el les plus lell'iblcs. Depuis 1,,31 ma', il semblait avoir renoncé aux fornw, envdoppécs,au~ ullu,ions ,ague,. Il allait droit au but, droit à !"ad, er,aire. ~lais qu·on le remarque. c·e,t seulement quand le système qu'il préfère est attaqué que Robespierre ,;c Ù<'COll\l"i' <'l ,·engage il fond. Or, il , oit après le 31 mai qur l'autorité du Comitii de Salut public cl dP la Convention esl le salut <.c la llérnlution; el contre toute, lt•, intri~ues qui menacent le Comité el la Conn•nlioa, il lutte couragen,ement. Pub, il craint que lliébertisu e ne discrédi1c el ne perde la R,•puhli,1ue. JI marche droit à l'hébet'lisme. Mais, dès quP les advfrsaircs lui fonl défaut, dès qu'il n'est plus oblig6 par la J récisiou des altaques à la préci;ioo dt>;; réponses, il retourne à ,es habitudes un peu vaf:UC5el cauteleu,c,. Quand après ïéliminalion de l'héberti,mc el du danlooi-ruc, il est en réalité le seul ma!lre de la politique, responsable iles éléncmcnls, il n'a qu'un moyen de gouverner en elfel, de rallier autour de lui les esprits: c'est de dire ncttemeol où il leut conrtuire la Révolu lion; el il ne le dit pas; et il se trouve 4JU'à côLé de lui le fier et· courageux Sainl-Jusl, comme s'il renonçait il délier

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==