HISTOIRE SOCIALISTE 1801 qu'elle était possible. J'ajoute qu'elle était infiniment difficile. Quand une füholution a été obligée pour se clércndre d'engaf:er la lutte contre l'univers, quand elle a créé pour parer il une crise extraor,lin~ire un régima politi~ue aussi paradoxal et violent c1ue la Terreur, un réf:ime économique aussi violent et paradoxal que l'as,il(nal N Je ma,imum, quanrl elle a su-cité l'essor prodigieux des énergies cl jeté à la guerre quatorze cent mille hommes, presque toute l'âme ardente du pays, il lui est bien malaisé de se modérer elle-même el de se détendre sans s'a!Taiblir. La Révolution portail dans son âme et dans sa chair l'e!Troyable lare originelle, le pli terrible de la guerre; el elle en restait toute dérormée. Comment mener à fond la guerre, la guerre nécessaire el sacrée pour la Jibrrlé, tout en suspendant ses combinaisons politiques à I hypothèse, bit•n incertaine encore, rie la paix? Comment annoncer que la llévol11lion régulari-ée se Mtera de retirer l'assignat cl se réserver cependant la possibilité des ~ran- <le, émissions nouvelles auxquelles la prolongation du conflit avec l'Europe condamnera peul être la Rél'olution? 8i on n·a,·erlit p1s le pais du hut à atteindre, il ne comprendra rien à la politique du Comité de Salut public el prendra pour de l'incapacité el de la trahison l'apparente contradiction des attitudes, dictées les unes par le souci du péril immédiat, les autres par de, calculs d'échéance lointaine. Et si on l'avertit, comment maintenir en lui celle e!Tcrvescence d'action qui est, clans les grandes crises, une nécessité vitale? Lrs armées, qui commencent à subir, à leur tour, une sorte d'enlralnemrnt professionnel encore sublime. déjà dangereux, garderont-elles toute leur vigueur el tout leur élan ,i une politique de pah limite brusquement les rêves illimité, de combat, cle péril et de gloire où se complaisaient la générosité du patriotisme rél'olulionnaire cl les calculs secrets de l'ambition? On a beau prévoir que la loi du maximum, que la politique de réquisitions el de taxations prendra fin quand la guerre sera ou terminée ou réduite, qnand la circulation de l'assignat sera diminuée. On ne peut l'abolir d'cmhlée, et tant que cette politique subsiste, elle se meut, elle se développe selon sa loi:ique interne; et les difficultés mémes où elle se heurte l'obligent à se dépasser sans cc,se elle-même. Voici que les citoyens réclament contre les effets fàcheu~, parfois funestes, qui ré;ultenl de l'application inégale du maximum selon les ré~ion, 011 même les industries. Il en est qui vendent au prix du maximum et achètent au prit de la concurrence. Régime intolérable. Il faut que le maximum soit appliqué partout et a,ec une rigueur égale ou qu'il ne soit appliqué nulle part. Or, pour qu'il soit appliqué partout avec exactitude et rigueur, le plus s6r n'est-il pas de constituer, sous la surl'eillance immédiate de la nation et de la commune, d,• vastes maga,ins de dép<ll où tous les producteurs porteront tous Jeurs produits el où la dbtribution se fera scion la loi, et aux prix ftxéspar elle ?
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