1800 IIISTOIRE SOCIALIS'l E venir. L'assignat ou retiré complèlemenl de la circulalion ou relevé el maintenu au pair par un relrail parliel, la crise des prix prenait fin: el tout le terrorisme économique des lois sur les marchandises el les denrées se résolvait peu à peu comme le terrorisme politique. Dès que celle politique, hautement proclamée, adoptée par le Comité de Salut public, par la Conventio•1, par les sociétés populaires, par la na lion rérnlulionnaire, au rail pris consistance el autorité, dès que le$ victoires nouvelles sur lesquelles il était permis de compter lui auraient donné des chances prochaines, le Comité de Salut public devait demander à la Convention si l'heure n'était point venue de mettre un terme au gouvernement révolutionnaire el d'appliquer la Conslitu lion. Comment douter que le pays, recevant dans l'éclat de la victoire l'espérance de la paix vigoureusement défendu contre toute tentative contre-rérnlutionnaire du dedans el du dehors, mais rassuré aussi contre la continuation indéfinie du régime révolutionnaire, envoyât une assemblée passionnément acquise à !"ordre nouveau? Oui, en Germinal et Floréal 1804, après !"écrasement des taclions extrêmes et rivales, après l'écrasement des révoltés de Lyon, de Marseille, de Toulon, de Vendée, après le rayonnement prolongé des victoiresd'Hondschoole, de Walignie$, d'Alsace, après le rétablissement de !"assignat presque au pair, après l'immense el glorieux elîorl du Comité de Salut public investi d'un preslige immense, oui, celle politique oplimisle el confiante était possible. La faute presque criminelle des dantonisles fut de compromettre celle poliliqutl au moment même où on commençait il l'entrevoir: ils la compromirent en en ,faisant un moyen dïntrigue contre le Comité de Salut pu hlic sans lequel elle était impraticable. Ils la cornpromirent en lui donna11t je ne sais quel air de désaveu de soi-mtJme et de med c1tlpd. ~lais aujourd'hui, le gou,ernemenl révolutionnaire triomphant pouvait affirmer celle politique en la régianl. Il pouvait la proclamer, non comme un dernier désaveu de la Révolution, mais comme l'elîet môme de ses victoires. Si celte politique était possible, elle était surtout néces,airc. Hors de là, il n'y avait qu'inquiétude des C$prils surmenés devant lesquel, aucune porte ne s'ouvrait. La continuation systématique de la guerre dévorant les ressources du pays, suscitait des mécontentements nouveaux, préparés pour des réactions nouvelles: el la 'l'erreur, après avoir écrasé les factions nettement constituées, s'aITolail à poursuivre les velléités vagues et les complots incohérents; une menace eITroyablement dilîuse enveloppait toute vie, cl la Révolution, comme un aveugle exaspéré, se frappait elle-ruème jusqu'à épuisement. La politique d'apaisement révolutionnaire pratiquée non pas contre la Ré1olution mais pour elle, non pas contre les révolutionnaires mais pour eux, c'était bien la seule issue. Je ,ois qu'elle était nécessaire : je crois
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