Jean Jaurès - La Convention

.. IllSTOIRE SOCIALlSTE 1,00 mi~ue, ni les prodideuses rè,crvcs de pensée et de force morale qu'elle mellait. au service d'un mac;nifique idéal. Pourtant, quand les tt!les héberlisles et dantonisles furent tombées, quand, quelques jours après, p<1r unr sorte d'arrière-liquiùalion sinistre, ceu, qui furent accusés d'a,oi, fomenté le comµlot des prbons, Chaumelle, Goh ·1, Arthur Dillon, la veuve rl'Hébert et l'infortunée Lucile, ciéjà morte en CamilJ,, avant de monter elle-même à !"échafaud, y furent montés à leur tour, quand celle arrière-charretée eut vidé ses téles au panier, quand l'hébertisme el le da~lonisme, comme raclions. ne furent plus qu"un souvenir, c'est alors pour Robespierre el la Révolution l'épreuve décisive. nobespierre a devant lui la place nette; mais que va-t-il faire? La fiiilolulion n'est plu, menarée ni par l'or,.::inisation démagogique qui J'aurail no}'ée dans une anarchie aujcdc e• fé:-o,·e, ni par la molle cons;iiralion des indulgents qui par leur politique impatiPnte cl bo11de11,esemblaient livrer la Révolution repentante à l'auù.i.cc réveillée ùe ,es ennemis .• \lais que 1a faire la Rél'olution? Les forces contraire de démagogie el de modérantisme entre lesquellc; s·&quilibrail la politique de l\obespierre ,onL Loruhée,: et c'e:,l en lui-m,'me nuinlenanl, c'c,L dans sa propre pensée, dans ,a propre politique qu'il faut qu'il lrOUl'Csou équilibre. La prodi<(ieuse tension de tous les ressorlsr6\'0lutionnaires, de toutes les forces de la vie el de la mort ne peul durer. La Terreur ne pouvait èlre un régime normal. La guerre ne pouvait être un régime indé!ini. Les loi, de réglementation cl du ma~imum ne poU\aienL conwnir éternellement ft une oociété fondée sur la propl'iété individuelle cl la production privée. Enfin la quasi dictature du Comité de SJlul public ne pouvait prendre un caractère définitif. )lainlenant quïl n·y avait plu, de parti héherlisle pour tcndr.i encore, jusqu'à les rompre, les ressorts du terrorisme, maintenant qu'il n'y avait plus de par li dautoni-le pour opérer une si 1,rusque détente de l°(;nergic ré1olnlionnaire que la fiérnlulion elle-même risquait de s'alfaisscr, une poli tique élail possible, el celle-là seulement. li fallait que la Révolution, tout en rcsta11l terrible à ses ennemis, terrilJlc au, con,.pirateurs cl au~ traitres, terrible au, tyrans el à leurs armée,, préparàl le retour de la nation à la vie nornmlt!. li fallait dire tout haut que la ·France révolulimrnaire, hé1oïqucment olJsliné.i à détendre contre J°Qnirers son indépendance el sa !icrté, résolue à co:11pléler par des victoires ùécbives les victoire,; où se ma,·quail déjà son génie, était prêle au,;,;i à conclure t 1 paix avec les gou,ernemenl,, quels qu'ils f'u,scnl, qui reconnaitraient san,; arrière-pcméc la RépublitJUC cl le droit de la nation française à la liberté. li fallait annoncer qu-e dès que la pai\ serait pos,iblr, les assignats seraient rapidement rclirés de la circulation, et que le fonclionuemcnt vigoureu~ tles ÏID!Jôls ùbpense1·ait ruliu la Rél'olulion ùc ùé1ol'er la substance de ra-

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