ii02 HISTO!UE SOCIALISTE une vér:table inégalité. Nous insisterons sur cet objet, parce que celle erreur est la seule qui soit encore dangereuse. parce qu'elle est la seule dont les hommes vraiment éclairés ne soient pas encore désabu,6:i. » Ce n'e,t donc p~s la démocratie fausse el rétrécie, la democralie oligarchique, c'est la démocratie entière que Condorcet promulgue au nom de la Révolution. La démocratie est la grande loi de l'avenir, non seulement parce que seule elle réalise le droit de l'homme, de tous le, homme,, mais parce qu'elle tend à procurer le bien des hommes, de tous les !lommes. C'est Loule la masse humaine, si pesante jusqu'ici el si obscure, qu'elle veut hausser à la lumière el au bien-être. En cela, la marche de la démocratie est conforme à la marche de la science; car la science aussi tend à décharger les hommes, tous les hommes, des plus lourds fardeaux qui les accable11t aujourrl'hui, el à ap· profonrlir, pour l'améliorer, la condition cle tous les élres humains. Le grand encyclopédiste, qui était, avant la Révolution même, un grand rél'olutionnaire, confond ainsi dans sa pensée science et démocratie. « On verra, dit-il (dans la suite de l'ouvrage), l~s arts chimiques s'enrichir cle procédés nouveaux; épurer, simplifier les am:iennes méthodes, se débarra as r de tout ce que la routine y av11it introduit ile substances inutiles ou nuisibles, de pratiques vaines ou imparfaites; tandis qu'on trouvait en même temps les moyens de prévenir une partie des dangei·s so11vent terribles auxquels les ouvriers étaient exposis; et qu'ainsi, en procui-ant plus de jouissances, plus de i·ic!tesses,ils ne les faisaient plus acheter par tant de sacrifices do11loureux et par tant de i·emords. • La science ainsi comprise est, comme la dérnocralie, un organe d'humanité. De m0me que la chimie, l'histoire politique devient plus humaine en devenant plus profonde. Ce n'est pas seulement par servilité ou b~ssesse, c'est par incapacité que les hi;;toriens n'ont guère étudié el mis en lumière que quelques individus. Pour connaitre vraiment la vie de la masse, pour pénétrer dans la condition, dans le secret de milliers et de milliers d'hommes, il fout une 1•asleinformation qui ne peul résulter que d'une enquête collective. L'histoire démocratique el humaine est donc beaucoup plus malaisée que l'hi;- toire oligarchique. Mais aussi, quand elle descendra dans les profondeur; de la vie sociale, ce ne sera pas pour l'éclairer d'une vaine lumière, ce sera pour y faire pénétrer peu à peu la justice et la joie. • Jusqu'ici l'histoire politique, comme celle de la philosophie et des sciences, n'a été que l'hisloire de quelques homme,; ce qui forme véritablement l'espèce humaine, la masse des familles qui subsistent pi·esque en entier de leur travail, a été oul>liée;el, même dans la classe de ceux qui, livrés à des professions publiques, agissent, non pour eux-mêmes, mais pour la société, dont l'occupation est d'instruire, de gouverner, de défendre, de soula;;er les autres hommes, les chefs seuls ont fixé les regards des historiens. « Pour l'histoire des individu., il suflll de recueillir les faits, mais celle
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