HISTOIRE SOCIALISTE 1703 d'une masse d'hommes ne peul s'appuyer que sur des observations; el pour les choisir, pour en saisir les traits essentiels il faut déjà des lumières el presque autant de philosophie que pour les bien employer. • Cc n't~t rlonc point seulement à la bassesse des historiens comme on ra rc; roché avec justice à ceux des monarchies qn'il faut attribuer la diselle des monuments d'après lesquels on peul tracer celle partie la plus importante de l'histoire des hommes ... C'est à celle partie de l'histoire de l'e~pèce huaiaine, la plus obscure, la plus négligée, et pour lac1uelle les monuments nous olîrenl si peu de matériaux, qu'on doil surtout s'allacher dans ce tableau, et soit qu'on y rende compte d'une découverte, d'une lhéorie im;;orlante, d'un nouveau système de lois, d'une rél'olulion politique, 011 s'occupera de déterminer quels effets ont clzl en résulter pour la portion la plus nombreuse de chaque société; car c'est là le v<'ritableobjet de la philosophie, puisque tous les eficts intennédiaires de cette même cause ne peuvent être regardés que comme des moyen< d'agir sw· cette portion qui constitue vraiment la masse du gem·e humain. • C'est donc le bien du peuple, de tout le peuple qui esl le terme de Ioules les science, el leur mesure, comme il est le Lerme de la démocratie el sa mesure. • C'est en parvenant à ce dernier degré de la chaine que l'observalion des événements passés, comme les connaissances acquises p~r la méditation. deviennent véritablemeul utiles. c·est en arrivant à ce terme que les hommes peuvent apprécier leurs titres réels à la glo;re, el jouir, avec un plai:;ir certain, du progrès de leur raison; c'est là seulement qu'on peul juger du ,•érilable perfeclionnemenl de l'e~pèce humaine. • M~:ne si Condorcet s'était borné à dérouler le tableau du passé et à commenter le présent, il serail per,uis de dessiner l'idée qu'il se rail de l'avenir: c'est une pénétration toujours plus proronde de la démocratie tl de la science, c'est l'application toujours plus hardie de ces deu~ forces au perfectioane nenl social el individuel de lou, les hommes. Mais lui-même, dans l'ombre de la proscription, sous la menace el presque sous le coup de la mort, a dél'eloppé les ,,astes perspectives de l'espérance humaine. Il a tracé les linéaments de la « dixième époque », et dessin6 les progrès futurs de l'es, rit humain. Il dit avec une nellclé admirable: • Nos espérances sur l'étal à venir de l'espèce humaine peuvent se réduire à ces trois points importants : la destrnction de l'inégalité entre les nations, les progrès de régalité dans ce mime peuple, enfi" le perfectionnement réel de l'homme. • El l'on voit quelle grande place l'idée d'égalil6 lient dans son système de l'avenir, notamment l'égalité sociale: • Cette diliérence de lumières, de moyens ou de richesses, obserrée jusqu'à présent chez tous les peuples civilisés entre les dilférenle, classes qui composent chacun d'eux, cette inégalité que les premiers progrès de la
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