Jean Jaurès - La Convention

lllSTOlllE SOCI.\LISTE 17!11 comlitulions à demi libres, et lorg11_ritdri noblri, el la r/omi11n1ion, l'intolimnce, les ,·iches.,es des pri'tres, el les aum (I,, la f,'odalili. qui co11vre111enco,·r /'Et11·npepre.<que ent;ère; el les pubsrn,,c, de lï,,1ropc onl dù se ligurr en faveur ùc la tyrannie. Ainsi, la France n'a pu \'Oir s'élcvc1· en rn faveur que la voh clc quelques sa~es. el Ir 1œ11limi•le des peuples opprimé,, seco11r.;r1uc la calomnie devail encore s'elforc-·r de !ni ravir. « Nous montrerons pourquoi les principes sur le~<1uelsla Comlil11Lion el les loi, de la France onl été combinées, sonl plus purs, plus précis, pin, profonds que ceu, qui onl dirig, 1 le, Américains; pourquoi ils onl éch·ippé hi,·n plu• romplètcmcnl /1 lïnfluenre de toutes les espèce•, de préjngi•:;: co111111,,n1 l'égalité des d,·oils n'y a nulle part éll' l'emplnrée 1111r a/le itlcnlit,; ,l'ùtt,;rèts qui n'en est que le faible et hypocritP supplé111r111; rn.11a1cnt on y a ,11b:;til111' les li miles des pouvoirs à ce vai11 équilihre si longl,·mps admi1é; c.1mmrnl, rlans une grande na lion, nécessa1r,•menl lli,pers:·r l'l partagée en u11grand nombre d'a-scmhlées i•olées cl partielles. 011 a o,ti, ponr la prcmièr.i foi,, conserver au peuple son droil de souverainelé, celui de n'ollé:r qu'/, <k, lois donl le mole de formation, s'il esl confié à des r<présenlants, ail <:Li, 1,,~itimé par son a 1probalio11 immé•liale; donl, si elles !Jle•senl ses droil- , t ses intérêls, il puisse obtenir la réfvrmr, 1Jar un acte régulier de sa vo!o 1lé rnuverainc. » Glorification m~c;nifique de la llevolution franç.1ise, rél'Olulion de scien, c cl cle (l(mocratie qui pousse jusqu'au li< ul les conséquences de ses principes. C'est 1nrcc que la !lévolulion alfirmc Ioule l'idée de la démocratie qu'elle a produit 11110commotion profonrle dans le monde qui rejette la démocratie ou qui ne l'af'ceple qu' •n l'abltar,lis;:anl. EtCondorrct,avccun srnsmerveilleuxcle l'avenir, comprend qucc'csl cet aMlardissemenl ùe la démocratie qui csl le grand p,'ril. li ne sera pin, [HJS,i- !Jlc, sans doute, de revenir à l'ancien régime, de ressusciter la tyrannie féodale el l'arbitraire princier. :\lais pcul-êlre le doclrinarismc bourgeois inlerviendra-t-il pour fausser, pour rapetisser la !lél'Olulion. Peul-être une classe riche, enlrcprcnanle, 6goï.te et audacieuse, prétendra-l-elle sulJ,tiluer ~a domination élroile au gouvernement démocratique. Elle allè.;ucr,t qu'elle n'e,L point une cla•se, qu'elle se recrute dans la nalion et ne peul être ,;éparée d'elle, et qu'en vertu de l'identité de ses inlért\ls à l'intérêt géneral elle représente celui-ci mieux qu'il ne saurait se représenter et s'exprimer luimême. Oui, c'esl ce resserrement pédantesque, doctrinaire, censitaire de la Itévolution el de la démocralic que Condorcet redoute surtoul: « Nous prouverons, dit-il, combien cc principe de l'identité des intérêts, 1I on en rail la règle de, droits politiques, en est une \iolalion à l'tië'ar.J de ceux auxquels on se permet de ne pas en laisser l'entier exercice, mais que cette Identité cesse d'exister, précist\menl dans l'instant même où elle devient

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