Jean Jaurès - La Convention

lï!JO IIIS'l'OIRJ<; SOCIALIS'l'E mier moyen et le LriomphP rapide de la 1·aison et de la liberté a vc11gé lt genrr l,11111ai11. • c·c,L en Amérique d'abord que s'est produit l'ébranlement révolutionnaire; c'est de là qu'il s'est propagé en France, el Conrlorcet montre avec une force admirable comment l,t Ré10lulion française ùentil élre plus profonde et plus décisive, plus tourmentée aussi, que la Révolution américaine: • La llé"olution américaine devait donc s'él•ndre bientôt en F:urope, et s'il y existait un peuple où l'i11lérU pour lacaus-~ des Américains eût rép1ndu plm qu'ailleurs leurs écrits et leurs principes, qui fUL"la l'ùis le peuple le plus éclairé et un des moins libres; celui où les philosophes avaient le plus de l'éiilablcs lumières, cl les gouvernements une ignorance plus insolente cl plu; profo:,de; ua peuple où les lois fûssent assez au-Jessous de l'esprit public, pour qu'aucun orgueil national, aucun préjugé ne l'allachàtà ses inslilulions antiques; ce peuple n'était-il point destiné, par la nature même des choses, à donn°r le premier mouvement à celle révolution, que les amis de l'humanité allenda~enl avec tant d'espoir et d'impatience? Elle devait donc commencer par la ~'rance. « La maladr,•s.,c de son gouvernement a précipité cette rél'Olution; la philo,ophie en a d:rigé les prin ·i:,es; la force populaire a détruit les -obslacles qui pouvaient arrêter les mouvement~. « Elle a élé plus er.tière que celle de l'Amérique, el par conséquent moins vaisible dans l'inlérieur, parce que les Américains, contents des lois Cil'ilcs cl criminelles qu'ils avaient reçues de l'Angleterre, n'ayant point à réformer un système vicieux d'impositions, n'ayant à détruire ni tyrannies fécùalcs, ni dislinctions héré :il,ircs, ni corporalions privilégiées, richrs et puissantes, ni un syst1'mc ilïnlolérauce réligieuse, 8C_ bornèrent à établir de noul'Cau, poul'Oir,, à les subsliluer à cm~ qu} la nalion britannique al'ait jusqu·alor, mis sur rux, • nien ù,in• ces innovations n'atla~uail la masse clu peuple; rien ne ch.rng,,aiL les relalioris qui s'étaient formées entre les indivi lus. En France, poui· la raison contraire, la révolution de1•ail embrasser l'économie tout entière tic l 1 >Oc;ét•', change,· Ioules les relalions sociales, et pénétrer jusqu'aux derni r.; anneaux de la chaîne politique; ju~qu·aux individus qui, vivant en paix de lrurs hil'n, ou de leur in luslrie, ne tiennent aux mou,·cmenls publics, ni par leurs opinions, ni 1 ar leurs occupalions, ni par des intért\Ls de fortune, d'amhilio11 cl cl,• gloire. • L"s Américains, qui J araisrnienl ne cornbaLtrc que contre les préjugés tyr;inniquPs de la mère patrie,_ eurent pour alliées les puissances rivales de l'Angle:errc; tandis que les autres, jalouses de ses richcs,e. et (le son orgueil, hillaienl, p ,r drs ,œux secrets, le triomphe de la justice; aus;i,. l'Europe entièrè parut réunie contre les opp1esseurs. Les Francais, au contraire, ont allaqu<' en même temps et le despotisme des rois et l'inégalité poülique des

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