Jean Jaurès - La Convention

TIJSTOIT\E SOCIALISTE douzaine de propriclaircs nouveau.x. Pourtant il est malaisé de ~avoir avec une cxaclilude alHoluc de quel coefficient de clémorralie les vc:nlc; sont alîectées. Sou; l'apparente réc:ularilé des opérations rn gli,sèrent san, doute des spéculations cl des manœuvrcs innomhrablcs. D"abord le C()urs incertain de l'assignat rermil bien des combinaisons. li est pos,ihle nol1mment qu'à l'époque où l'assignat élail très bas, les estimations des biens à vendre aient été failrs com·ne si l'assignat avait son cours normal. De là pour ceux qui achetaient avec des assignats dépréciés une prime énorme que la majoration des prh aux alljudications ne suffi,ait pas à absorber. De plus mal~ré le3 lois et clécrcl, qui orga· i-aicnt la puhlitilé de la vente el prohihairnl les co11ilions des acheteurs. l'entente secrète élail toujours farilc entre les riche, rcrmi ·rs cl les riches bourgeois. Jls aimaient mieux s·assurcr de, p1h mo,Jérés p r une sorte de négociation préalable cl un concert occulte que se pousser les uns les autres ù de haules enchère,. Quelle que fùl l'aclivil6 des comit6~ de surveillance réYol11tionnaires, ils ne pouvaient conlrùlrr toute la vie sociale des peli les communes, et le r,holutionnuire l)'onnais qll'l signalait aux Jacobins les praliqucs, les manœuvres des muniripalités des campacrnes semblJ ne gll'>re compter lui-même sur la I ossibilité d"un contrôle e,act. Au besoin, les inl6res,és se gli-saienl eux-mêmes dans les .comités de surl'eilla•1ce. D'ailleurs, les municipnlilés avaient un pomoir redoutable : elles recu •illaienl et Lransmellaienl les élé:nents nécessaires à la détermination du ma,imum. Elles arnient droit de perquisition el de réquisition. 'l'oul à l'heur~ ce sont elles qui vonl, selon la loi, rrgler la quanlit6 de hlé qui sera remise à c-haq11eménage, soit pour la consommation, soit pour les ensemencements; qui aurnil été dans la co 11munechei-cher querelle aux administrateurs de ces mnnicipalités rurales? Dien des fois sans t'oute ils ahu,èrenl de leur pouvoir el dll leur prestige pour réaliser de fructueuses opérations : les communes ne se risquèrent guère à surenchérir contre eux. Ni les prix n'étaient pouss6s aussi haut, ni le morcellement n'était poussé aussi loin qu'il e(ll été possible. La loi m~me qui prévoyait la division par lots ne contenait que des conseils el point de prescriptions. A vrai dira, il eiil été malaisé de d6terminer une règle mathématique pour la division des domaine; mis en vente. DJ11s une séance des Jacobins, plu,icurs dt'pulés de la Convention ne sont pas d'accord sur le ,cos cle la loi, les u11saffirment qu'elle exigeait la division par lots, les autres qu'elle ne l'exigeait pas. La vérité est c1ue la loi un peu flollanle lai,sail beaucoup de jeu aux spéculations drs personnages comme Grandet, des pui;saots el habiles agioteurs de ülla3e dont Oalzac a si puissamment relrnu1é les opérations premières, enche1êlrécs sous terre au~ racines m~wes de la Révolution. Mais sïl y eut ainsi bien des tares individuelles à l'odgine de bien des propriétés révolulionnaires, l'opération d"en;cmble n'en Cul pas moin.s bienfaisante et grande.

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