Jean Jaurès - La Convention

1771 IIISTOII\E SOCIALISTE dans le cours do la lrobième décade de pluviôse s'élèvent, pour cent cinquante-trois districts, à 23 886007 livres 6 sous 8 deniers, sur une estimation de 11084143 livres 14 sous 7 denier;;, et pré,entent un excédent de 12802853 livres 11 sous 9 deniers sur celte estimation (comme on voit, un peu plus du double). • La totalilé des adjurtications prononcées jusqu'à cc jour, pour trois cent quarante-quatre district~ situés dans l'étendue de quatre-vingt-trois ' dL'partcmcnts, s'élèl'e à 127 883 14.5 livrrs 2 ,ous 8 deniers, et elle excède cle G\2232\4 livres 16 sous O deniers le montant des e,limations. (Pour l'ensemble aussi c·est un peu plus rtu double). « Le résultat des détails que contiennent les lettres des districts présente le même intérêt que celui de leurs o;ié atiom. • Partout l'ardeur des acquéreurs est é.1ale à l'actil'ilé des corps administrali's, partout l'cntbow,iasme répul)licain anime les enchères el tout se fait aux cri, rie : • Vive la République! Vit:e la Nation I • ll en avait toujours été ainsi, et une des prcul'cs les I lus curieuses et les plus décisire; qu'on en puisse donner, c'est que, au commencement do l'année 1703, Delcber avait demandé la suspension d'une loi coutumière du Midi qui permettait aux Yerdeurs de réclamer la rescision de 11 vente si, d,rns le, dix ans q11isuivaic1,t, le rlomai ne avait élé revendu à des prix sensiblement supérieurs. 13et1ucoupde vendeurs dans le ~lidi voulaient profiter de la h·,usse des terre, survenue depuis la Révolution pour obtenir l'annulation de la vente. Celle haus;o était beaucôup plus significative encore et plus réelle en 1i01, à un moment où le créJit de l'assignat restauré atteignait presque au pair. li semùle donc que le Trésor révolutionnaire recevait, en échange dLt domaine aliéné, des valeurs importantes , et en une monnaie qui avait rclrnuvé son cours d'émission. De plus si on prend la peine de lire dans le détail les rc1istrcs de ventes publiés pour les biens des émigrés comme pour les bien~ d Égiise, par Rouvière pour le Gard, par Legeay pour la Sarthe, on constate que ces ventes sont l'occasion d'un morcellement assez m11·qué de la propriété du sol. Presque jamais l'ensrmblc du domaine d'un émigré n'est acquis pat· un seul acheteur. La dilision par lots favorisait Je morcellement de la ,ente; el qui sait d'ailleurs si les acheteurs ne se sentaient pas plus rassurés par leur nombre coutre 1'11ypothêse de revendications ultérieures? Ils lormaienl à plusieurs comme une société d'assistance contre toute tentative de reprise. Les registres des ventes de la Haute-Garonne quo j'ai parcourus aux archives de Toulouse. m'ont donné, pour les biens d'éwig1·6,, les mêmes ré,ultals que pour la Sarthe et le Gard. ll u'c,L pas rare qu'à un propriétaire unique se substituent jusqu'à une

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