1,70 IIISTOIRE SOCIALISTE siècles peul-:îtrc le destin de l'ordre nouveau, ceux qui dirigent celle entrepris,, immense n'ont pas le temps de rallier les dissidents, de convaincre leurs ad1cr.saires. Ils ne peuvent faire une large part à l'esprit de dispute 011 à rcspril de combinaison. li faut quïls comballent, il faut qu'ils agissent, el pour garder intacte toute leur force ct·action, pour ne pas la disperser, ils demamleat à la mort de faire autour d'eux l'uoanirnité immédiate dont ils ont besoin. La Révolution n'étail plus à ce moment qu'un canon monstrueux, el il fallait que ce canon ro.t manœuvré sur son affût, al'ec sûreté, rapidité et décision. Les servants n·avaient pas le droit de se quereller. lis n·en avaient pas le loisir. A la moindre dispute qui s'élève entre eux, c'est comme si la Révolu lion élail enclouée. La morl rétablil l'ordre- et permet de continuer la manœuvre. L'entreprise des révolutionnaires était immense et leur base d'opération était très étroite. lis étaient à la merci de P.iris. Ce fut le grand crime de la Gironde d'ayoir opposé ou tenté d'opposer les déparleme:1ls à Paris. Cc fut le grand crime de la Gironde d'avoir obligé Paris à intervenir par la force, le 31 mai, pour mettre un terme au\ dil'ision, insensées, à la poliliqu• de déclamation, de conlerrlion el de querelle. Si elle n·avail pas, dès rorir,ine, brisé l'unité révolutionnaire de la Convention, si les délégués de toute la F,-.mcc avaient pu délibérer fralemellemcnl, la Révolution aurait eu une base bien plus làrge, el le gouvernement révolutionnaire n'aurait pas été contraint de surl'eiller avec inquiétude les moindres mouvements du peuple de Paris. ~lainlenanl, au contraire, la Convention était comme cernée dans Paris: c'est Paris qui était le point d'appui el le levier, el comme il suffisail de l'insurrection de quatre ou cinq mille hommes résolus pour mettre la main sur ce h,vicr. le Comité de Salut public faisait appel, pour prévenir toutes les velléités insurrectionnelles, à la rapidil~ de la mort. Encore une fois, c~lle-ci était du jeu, et quelque pitié qui s'allache à Ce6 e,istences si brutalement tranchées, ce n'est point celle tragédie de !"échafaud qui émeut le plus prorondément l'esprit attentif. Ce qui e;t affligeant el terrible, c'est que les révolutionnaires n'aient pas su trouver le centre d·aclion commune qui aurait permis de coordonner tous les efforts. S'étant divisés, s'étaut calomniés, s'étant haîs, ils ne pou- ,·aienl plus rendre un peu d'unité à la Révolution décomposée par eux qu'en supprimant l'adversaire. La mort élail la rançon lamentable de leurs fautes, le contre-poids sinistre de leurs égoïsmes et de leurs erreurs. Les querelles, les malentendus, les ambitions et les étourderies abo11li:1saient à celle anatomie misérable que formule un <les danlo11istes jetés au Luxembourg : • Désarticuler les vertèbres du cou. • La Révolution élail affaiblie non par l'e!Iusioo d11 S&llg i:évo)olioonaue;
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