!i30 UISTOIRE SOCIALISTE du Pan d'une ent~nte secrète de Danton avec le 'remple. Plus tard, faisant l'histoire des modérés, Mallet du Pan dit : • Réduits à la seconde ligne par la supériorité ùe Robespierre et de ses coacljnteurs, ils s'étaient rangés sous la bannière de Danton; ils participèrent à ses :rainles, à ses projets el ont failli participer à sa destinée. Comme leur chef el intimidés par le tribunal révolutionnaire à l'élévation duquel ils avaient concouru, ils laissèrent périr la reine de France el Mm• Elisabeth, avec le désir de les sauver. » Gouverneur ~Iorris est plus précis. li n'allribuo aucunement à Danton un plan de restauration monarchique. Il croit qu'il se proposait surtout, à la Dn de 1793 el en 179i, de modérer la Révolution pour n'èlre pas écrasé lui-mOme sous ses débris. M1is il ajoute que Danton ne croyait pas à la République, qu'il avait du mépris pour la foule, qu'il pressentait l'avènement d'un César et qu'il laissail à l'avenir de décider quel serait ce chef, ou Danton lui-même ou peul-être un héritier du roi. Qu'on suive la progression dans la correspondance de Gou,•erneur ~orris; le 21 janvier 1791, il écrit : • li y a trois parlis parmi les laiseurs du jour. L'un peut être appelé les dantonisles, parti avec lequel Robespierre est lié, et qui désire, par la douceur ou par quelque chose qui ressemble à un gouvernement légal, inspirer une sorte d'attachement à la Révolution. lis craignen l que le peuple, si souvent trompé, n'essaie enfin, par un c!Torl unanime, effort non d'une conspiration, mais de la répubion générale qu'iMpire la tyrannie, de renverser, quelque imprévu que soit le régime qui doive lui succéder, l'édifice que ces hommes soutiennent au prix du sang, et dont les débris les écraseraient dans leur chute.• El pour consolider quelques-uns des résultats de la Révolution, Danton serait prêt à accepter un compromis avec la royauté. C'est ce que Morris écrivait il y a un an, en décembre iï02 : « Peu après le 10 aoOt, j'ai eu des renseignements auxquels vous pouvez croire, portant que le plan de Danton était, en obtenant l'abdication du roi, de se faire nommer lui-même chef d'un conseil de régence, composé de ses créatures, pour le temps de la minorité du dauphin; celle idée n'a jamais été enli/1remenl abandonnée.• Et llorris répète en 9l que le plan de Danton, tel qu'il l'a exposé, est toujours le même. Aussi bien, comme il l'écrH le 15 avril 1794 (quelques jours après la mort de Danton): « Danton a toujours cru, et ce qu'il y a eu de plus malheureux pour lui, a toujours soutenu qu'un système de ~ouvernemenl par le peuple en France était absurde; que la foule e-t trop ignorante, trop Inconstante, tropcorrompue pour fournir une administration basée sur la légalité; qu'hablluée à obéir, il lui raut un maitre, et qn'en supposant même que le peuple edt été élevé dans les principes de la liberté, el qu'il Jolgnll à l'énergie da sentiment h force de l'habitude, cependant, comme dan, l'ancienno Rome, il aunit
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