Jean Jaurès - La Convention

UISTOillE SOCIALISTE 1,35 est certainement fausse. ~lais le malheur imrncn;e et la faute de Danton, à ce moment, c'est que nul ne sait quelle est •a politique, quel est le ùut où il tend. La marche de Robespierre, à celle date, est décidée el claire. li aurait voulu, sans violence, refouler peu à peu et éliminer !"hébertisme, former avec les dantonistes réconciliés un grand parti de la Révolution à la f,,i, ,i;:wnreux cl légal qui aurait découragé les forces ennemies et rendu pos,ible, sans péril pour les patriotes les plus fervents, l'avènement de la Con,titulion et des négociations de paix .. \ u contraire, à voir l'étourderie avec laquelle, en décemùre, les dantonisles déclarent la guerre à Hébert par des procédé; qui aliénaient d'eux nécessairement Robespierre, on se dit : mais sur qui donc peuvent ils compter? sur qnelle fore? sociale? Pour modérer et organiser la Révolution contre llébert el sans Rohcspierre, ils n'auraient pu, en effet, faire foruls que sur les royalistes assagi,, sur ceux qui auraient arc>pté le retour à la Constitution de ii!H. De l:t à suppo,er que Danton ne répugnait pas à une re,tauralion monarchique, qui aurait mis rnr le lrôoe ou le duc ct·orléans, ou le jeune Louis X\"Il élevé loin cles siens, et en louré d'un Conseil de régence donn 1nl de, garanties à la nation révolutionnaire, il n'y avait pas loin. Les danlonistes, par les inlrigues de Fabre d'Eglantine, par les pamphlets de De,moulins, par la dénonciation retentissante de Philippeaux, reprenaient exactement le jeu de la Gironde. C'éllit le syslème des papiers rolandistes qui recommençait, et de mème que les Girondins s·acculèrent enx-mêmes à n'avoir plu, d'autre alliance possible que celle des royalistes, de m 'me que ceu, d'entre eux qui étaient républicains frémirent d'épouvante au bord de l'abîme de contrerévolution monarchique qni s'ouvrait à leur a;,proche, de même Danton se serait sans doute foudroyé de son propre anathème le jour où il aurnil constat6 qu'en s'éloignant de Robespierre il s'était mis claos l'ombre du Temple. Il n'est pas indi[érent que deux observateurs aussi remarquables, aussi avisés que llallet du Pan et Gouverneur Morris aient cru que la politique de Danton avait un arrière-fond royaliste. lis se trompaient, mais leur erreur même est grave. Mallet du Pan dit (el on va voir comme les traits sont forcés el souvent inexacts) : • Dès la fin de novembre, el pour tenir tète aux hébcrtistes (le parti de la Commune), Robespierre s'unit avec Danton, son ennemi mortel, mais menacé comme lui, ayant à se reprocher sa vénalité, les sommes quïl reçut dt la liste civile, une forlune scandaleuse, des connivences avec le Temple et son opposition au procès de la Reine. » La fortune de Danlin n'était pas scandaleuse; il n'avait reçu du 'l'1ésor royal, en 1700, que le remboursement de sa charge (peut-être un peu complaiaammenl élabli par les ministres du roi qui cherchaient, en effet, à am1douer • le démal!'ogue ,,). Mais ce que je retiens, c'est l'impression qu'a eue Mallet

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