Jean Jaurès - La Convention

HISTOIRE SUCL\I.ISTE preuve c'Psl que, peu aprè,, le 2 octobre, le Comil6 de Salul public propo-e, pour la guerre de l'Ouesl, toul un plan de réorganisation <1ui, sans rompre brutalemenl avec le p1rti mililaire cl'llébert, en diminurrail l'importance. Il étail donc facile et sage de faire crédil au Gomitl' de Salul public. Le patriotisme rérnlutionnaire voulail que Phil1ppeaut lui fit p:irl, di-crèteme11L,san~ tapa~c. de, fautes commi,es en \'en<lée. ~Jais non, il ne rh,• que scandale el ,·engeance. Le jue:emcnl porl1• par lui ~ur les homme, el ,ur les cho,es, sur le, plans el sur les clwf,, jugemcnl q11e contredi,enl à fond Choudier el Len-seur, il faul que la Com·ention l'adopte; il r.1ut que le Comité de Si!luL public le fasse sien. EL, s'il n'ohéil pa, s1ns délai, s'il ne mN pas au premier plan la question Philippeau,, Philippeau, le dénoncera romme le complice de, désorg:ini·ntcurs, dl', con,piralrurs. ,les trailrt». r.·ètilil l'heure où lltt'berlisme préparait son a-saut. Quïm)'orl" a Philippeall\ ! Ou plutôt, c'e,L Lanl mieux pour 1',1hre d'E,lanllne, car r·,.,t ,rulcmcnt par unr coalition confuse que le Comilo de S1lul public peul 1'Lrc (~hr,tnl(•, Pl il e,L bien plus ini:énieu~ d'ailleurs et bien plu,; lliwrti,-anl d'er11elopper Rohe,pierre dans un ré,eau 1lïntri<;ttt'S conlradicloire, oit il ne pourra ,p re,·onnallrc. L'ag-iotrur politique qu'i•Lail F,1brc d'Eglantine jou 1il à ce rnomenl à la bais,e sur le r.omité ùe S 1lul p 1blic, el celle hai,si' poliliq111•,il fallait. c, ,mme font les agioteurs des bai~-cs financit'res, la dPLrrminer Jlilr 1011, les mMens. C'esl le 2;; -rptembre que la •péculalion se d(•vt'lo;1pa el qur la bataille <r livra à la C ,nVl'nlion. C•mlre le C,,mité de Sa!nt p11hlic étai,•111 li!?ttè, 1·,•u, qu, lui reprochaient -a faibles-a el cent c111ilui re)'rn,•haienl so111•,agt•rat10n. li avail contre lui de, 11ontagnard, rxln'mes au~qu ·ls on e,,ayail de faire peur de •a dictalure. Il avail conL,·e lui lrs ùanlonislc:; inlrigants el souple,. li avait contre lui aus-i le, r •présentant$ rn mission qu'il avait rappelés, ou qui, 111,·- conlenls de leur rôle, ,e plaignanl de lïngratilu,le de ln Rt 1vol11liun 1111i n,• reconnaissait pas leur$ services, cherchaienl à prendre leur rc\'a11d1c ,11r Je pouvoir. Drir·z, qui a\'ail dù liner Yalenciennes, 1ferlin de Thionville qui, malgré son héroi;mc, n'avail pu sauver Mayence et qui n'était pas encore Loul à faiL relevé du ùiscrédil de la défaite, tous se plaignaienl de n'avoir pas élé assez ;:oulenus, exhalaienl leur amertume. D'autres pen-aienl que le Comit,·, n' 1 • vail pas assez épuré les élals-m1jor,. D'autres lui fai-aienl grief de lrappcr Houchard après sa vicluire d'Houdschoole. Plusieurs s'indignaienl ou p.traissaienl s'indigner parce que des rcpré,enlanls en voyage avaienL été un moment arrêté, par des aulorilés rév<>lulionn~ires qui imoquaienl J., con,igne sévère du Comité de Salut public or,lonnanl de surveiller tous les courriers. Allentats, tyrannie, incapadlé : c'étaiL l'accumulation dP tous les griefs, c'étail la coalilion immorale et Apre des poliliques contradicloires, c·t:tail une de ces lrisles manœuvre$ donl le r~gime pirlemenlaire a donné tanl d'excm-

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