HISTOIRE SOCL\ LIST8 t71() li écrit à Couthon, le 11 frimaire: • Tu m'as parlé des patriotes de celle ville; pen,es-tu qu'il puis,e jamais y en a,oir? Je crois la chose impnssihle. Il y a soi\ante mille individus qui ne seront jamais républicains. Ce dont il font so,·cuper, c'e,t de les licercier, de les répandre avec précaution sur la surface de la Hépuhli,p1e, en faisant pour cela le sacrifice que notre grande el génér,·u,e nali11n r-l en i'lal de faire. Ainsi disséminé, et surveillés. ils suil ront au moin, Ir pa, d,• cru, qui marcheront avant ou à côté cl'cu,. ~ais réunis, re serait pen,lant longtemps un foyer dangereux, et toujour, favorahle aux ennemis des nais principes. • C'est la déportation en mas,e du prolétariat lyonnais. Collot pre11<lpour de la paresse, pour de l'atonie, celle réserve, cette habitude di,cri•le et silencieuse d'hommes qui dépen-ent il leur travail accoutumé plus cl'attrntion que de force musculaire. Mais comment peul-il oublier que ce sont le, ou1Tier, lyonnais, qu'il accu,e de n'avoir pas" ,enli la ré, olulion "• qui ont contl'ihné le plus cfficacemrnl, par la révolte, il la suppression des octroi, dans lùute la Fra11ce? Comment yeut•il oublier qu'il avaient formulé récemment un nouveau Larif tl,•,; ,alaires a1ec des conside,-.rnts d'une haute portée sociale? Et si le tl•·,arrui wrwnu dans la fabrique de soiel'ies a anéanti l<'ur élan, sïls onl él~ pris cl'hésitation à la pensée que l'auslérilé réYolutionnaire pro,crirail peul-étre on ruinerail leur délicate industrie. Pst-ce une rabon pour désc,p,··rcr ct·cu, à jamai,? ~e convient-il pas de les ril»urer, au contraire, de leur nwnlrer que la Yie d'un peuple renouwlé par la l\élolulion n·e,clura pas la délicatesse du luxe! Si on avail lai,sê faire Collot clïlcrboi-. ,il a,ait pu appliquer son progr.,111111juesqu·au bout, celle magniûque agglomération ouvrière qui, dans la prcrni~rc moitié du dix-huitième siècle, a donné à tout le prolétariat européen une impubion si vigoureuse el de ;i tragiques lc~ons d'héroï,mc, aurait éti• dis1>crséecomme une pou,sière à lou, les vents. Collot d11crboi;, penché sur ce puils sombre dont il ne percevait µa; le bouillonnement profond, r,nail rie k Larir ou de le combler. A ce maniaque de de,truclion qui, en dissipant un immense ras,cmblement prolétaire, faisait œu, re de ronlrc-rérnlulion é,,onomiquc cl sociale, il aurait fallu des conseils <le pru,lence, !les rappels 'ou à l'humanilo ou au bon sens, ou mi~ux. à la l\o\rnlulion. )lais non, tandis quïl s'eni 1·re lui même de sa pui~-ancc, ·comme 1111 roi de lhéâlre donl le rôle se prolon~erail soudain dan, la Yic, landb quïl ne cesse de répéter• qu'il lance la foudre•, il y a à côté de lui l'hébertblé Ron,in qui lui souffle (les fureurs meurtrières; et il y a à Paris l'héberlbte Vincent qui placarde le; férocités ,le Ronsin. llJusin écrit à \'incenl: « Il n'y a 1:iasquiuze cents lyonnais qui mérilentde l'ivre.• Vincent fait cle celle lcllre une affiche, comme pour propager dan.; Parb une coutagio11 de folie hainen,e, et pour rendre imp9s:;ilJle à Robe.pierre, au Comilo de salut public. d'a\'erlir Collot d'Herbois qu'il s'égare-
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