HISTOll\E SOCIALISTE 1713 J:t à qui fera-t-on croire que les prêtres avec leurs d.ivoLes sont maintenant le plus redoutable ennemi? On égare la lléyolulion. Mais Robespierre ne se borne point à une déclaMLion polilique. Il fait une profession de foi déiste. Il formule une philosophie qui est selon lui la règle nécessaire de la vie sociale. « Il est des hommes qui veulent aller plus loin; _qui, sous le prétexte de détruire la superstition, veulent faire une sorte de religion de l'athéisme lui-même. Toul philosophe, tout individu peul adopter là-dessus l'opinion qu'il lui plaira. Quiconque voudrait lui en en faire un crime serait un insensé; mais l'homme public, mais le législateur serait cent fois plus insensé qui adopterait un pareil système. La Convention nationale l'abhorre. La Convention n'est point un faiseur de livres, un auteur de systèmes métaphysiques; c'est un corps politique et populaire, chargé de faire respecter non seulement les droits, mais le caractère du peuple français. Ce n'est point en vain qu'elle a proclamé la Déclaration des Droits de l'Homme en présence de l'Ê:1re suprême. On dira peut-être que je suis un esprit étroit, un homme à préjugés; que sais-je? un fanatique. J'ai déjà dit que je ne parlais ni comme un individu, ni comme un philosophe syslémalique, mais comme un représentant du peuple. L'athéisme esl aristocratique. L'idée d'un grand Ê:tre qui veille sur l'innocence opprimée et qui punit le crime triomphant, esl Loule populaire. • ( Vifs applaudissements.) Dangereuse théorie qui opposait l'intolérance du déisme officiel à l'intolérance de l'athéisme obligatoire. Robespierre a beau distinguer l'individu du citoyen : quelle sera la liberté de l'individu devant le problème du moude, si le citoyen devient suspect pour avoir proCessé des opinions qui avilissent « le caractère français •? Si l'athéisme esl arislocratiq ue, l'athée est bien près d'être aristocrate; or, on sait ce qui attend l'homme convaincu d'aristocratie. EL à tout cela, Hébert ne répond rien, rien. S'il avait eu quelques idées dans le cerveau, sïl avait eu vraiment.'le sens du mouvement antichrélien Yiolenl qu'il avait ou déchainé, ou encouragé, il aurail répondu à Robespierre en commentant le mol de Chalier : « ::-.ousa\'ons aballu le tyran des corps, il faut aballre le tyran des tunes.• « ELde même que nous faisons disparallre tous les emblèmes de la tyrannie féodale et monarchique, nous devons faire di,paraltre tous les em!Jlèmes de la tyrannie religieuse. • Les prèlres ne sont dangereux que parce qu'ils parlent au nom de Dieu. Leur laisser Dieu, c'est leur laisser l'instrument suprême de domination. Et le dieu de Ro!Jespierre n'est qu'une ptlle copie du dieu de l'Evangile. L·appétit fanalique du peuple excité par le déisme ne Lrouverasalisfaclion entière que dans le chrblianisme. La preuve que le déisme n'est qu'un christianisme allénué, c'est qu'il conduit à. peu près à la même intolérance. Robespieri-e propose et impose. une philosophie d'Et1L comme on imposait sous l'ancien régime une
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