1712 HISTOIRE SOCIALISTE parle aux Jacobins le 21 novembre. Il s"élève contre la polilique anlichrôlienn e de la Commune, el la Commune s"aplalil de peur. En huit Jours elle chan te une lamen table palinodie. Le 28 novembre, à la Commune, Chaumelle me l les révolutionnaires en garde contre les mesures qui peuvenl aigrir le fanatisme religieux. Il rappe lle que !"article7 de la Déclaration des Droits garantit expressément le libre ex ercice des culles. El il affirme que l'opinion ne doit pas être maitrisée par la terreur, • mais par la vérité, la raison, la justice •· La persécution ne ferait que développer de sombres enthousiasmes comme ceux du Nazaréen el des premiers chrétiens. • Rien n'est si cher à l'homme que ses opinions; il y sacrifie son bonheur et souvent sa vie; les idées absurdes, les notions chimériques sont celles d ont la plupart des hommes se dépouillent le plus difficilement, même parmi les gens instruits. » Il demande enfin au Conseil de déclarer • que l'exercice des culles étant libre, il n'a Jamais entendu et n'entendra Jamais empêcher les citoyens de louer de, maisons, de payer leurs minislres, pour quelque culle que ce s oit, pourvu que l'exercice de ce culte ne nuise pas à la société par sa mani(estalion; que, du reste, il fera respecter la volonté des sections qui ont renoncé au culle catholique, pour ne reconnatlre que celui de la Raison, de la libe rlé el des vertus républicaines.• Ce n'est plus la suppression des Eglises: c'est la séparation des Eg-li~eset de !'Etal, el un programme de large tolérance sous la garantie de la loi. Les citoyens de toutes les religions pourront louer des immeubles pour l'e.Œr cice commun des cultes. Les sections qui ont disposé des édifices religieui p )Ur le culte de la Raison resteront en possession, mais elles ne pourront pas inquiéter ceux qui chercheront dans un autre immeuble un abri pour l eur croyance. Oui, mais que devient alors toute la poli lique de la Commune? Que signifie le déchainement héberlisle? De quel droit offenser les croyant~ par la profanation des objets du culle, si ce n'est pas pour les guérir violemment de leur foi? C'est le suprême désordre d'esprit el le signe d"une médiocr ité intellectuelle qui condamnait l'hébertisme à un lamentable échec. Mais Hébert surtout, comment se fait-il qu·aux Jaeobins, ce soir du 21 novembre où Robespierre attaqua de front sa politique religieuse, il n'ait pas dit un mot ·1 Robespierre lui a,•ail donné pourtant l'exemple de la netteté el du courag e. Robespierre n'a mit pas seulement condamné l'intolérance comme impolitiqu e. « C'est elle, avait-il dit, qui rallume le fanatisme. • Ou plutôt elle est elle - même une autre forme de fanatisme. • On a dénoncé des prêtres pour avoir dit la messe: ils la dironlplus longtemps si on les empêche de la dire. Celui qui veut les emrècheretl plu1 fanatique que celui qui dit la mes,e. •
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