1708 IIIS'l'OlllE SOCIALISTE l'ennemi par leur inertie, par leur limidilé, ou bien ils ont été impuis.;ants. uur demi-fanatisme a moins de prise sur les ignorants que le fanatisme enlier des autres. Si donc les prêtres constitutionnels n·onl pas produit la diversion qu·on altenclail d'eux, s"ils n'ont pas servi de caulion utile à la Révolution auprès des croyants et des simples, quel est leur rôle? et pourquoi la Révolution se prêterait-elle plus longtemps à un compromis qui n'est que duperie? Car, pour ménager les prêtres conslilutionnels, pour ne pas offenser • leur foi ", on est obligé de ménager les prêtres réfractaires: on ne peul pas aller jusqu'au fond des queslio os, et mettre à nu la racine de mensonge sur laquelle s'appuie toute l'Eglise, conslitulionnelle ou réfrdclaire. Qu'on en finisse donc, et puisque le fanatisme forme autour des esprits une coucbe épaisse et impénétrable à la raison, puisqu'il est inutile de discuter avec des hommes qui croient par habitude machinale, c'est celle habitude machin'ale qu'il faut rompre. li faut prouver à ces abêti; que le Dieu qu'ils adorent n'est qu'impuissance et néant; et pour cela, il faut lui arracher les instruments de son culte. Il faut lui enlever les vases sacrés; il faut les profaner à la face du ciel, pour attester aux plus grossiers des fanatiques le néant d'un Dieu qui ne_sait même plus se défendre. Il faudrait des siècles à la philosophie pour libérer l'esprit par l'esprit; c'est par la force qu'il faut briser les chaines que l'ignorance, celte forme de l'esclavage, a rivées. Voici les calices el les ostensoirs, el qu'un âne revêtu de l'étole, coiffé de la mitre, battant ses flancs d'une hostie attachée à sa queue, promène la dérision du culte antique, el dégoùte à jamais les croyants eux-mômes d'une foi qui se prêle à d'aussi dégradantes parodies. D'ailleurs, le peuple révolutionnaire, le peuple des sections est devenu familier avec l'Eglise : c'est dans les églises qu'ont lieu les réunions patriotiques. C'est du haut de la chaire que les représentants en mission prêchent la guerre pour la liberté. Mais comment permettre que dans la même enceinte s'organise la servitude des esprits, c'est-à-dire la guerre contre la liberté? Tous ces vases, tous ces flambeaux sur l'autel, ce sont des armes de contrerévolution; qu'on les brise et qu'on les Condepour en faire des armes de révolution ou pour donner à la Révolution saturée de papier la monnaie d'or dont elle a besoin. Déjà la cloche est descendue du clocher, elle a été fondue, elle est de\'enue canon, el la corde de la cloche est un cordage des navires équipés par Jean Bon Sainl-Anùré pour les croisières contre !'Anglais. Mais il ne suffit pas de brutaliser le culte. Il faut arracher aux prêtres eu,-mêmes l'aveu qu'ils ont menti, qu'ils nnl jusquïci trompé les hommes. Leur enlever leurs ornements est bien, mais les amener eux-mêmes à rejeter leur étole, à la piétiner sera mieux. El le triomphe de la raison sera que les prMres se déprêtrisen L, qu'ils renient eux-mêmes le Dieu si longtemps annoncé par eux, el qu'ils révèlent aux fanatiques le vide du tabemaele où depuis des siècles résidait l'illusion humaine. Grand triomphe I Cloots, Léonard
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