Jean Jaurès - La Convention

Il[STOI RE SOCl.\l,ISTE 1703 plesse infinie de tactique et d'ambition, faire sa cour à la Commune de PJris, qui parais,ait plu~ forte de loin qu'elle ne l'était en réalité; qu'il ait roulu conquérir l'utile sympathie de Chaumelle, c'e,l probable; mais toute la politique sociale de Fouché il celte date est au,-i l'expression d'une n1 1cr••ilé rérnlutionnaire. C'est dans cette pensée qu'il interl'elle les riches, dans les derniers jours d'août, par un manifeste véhément : « Le riche a entre les mains un moyen puissant de faire aimer le régime de la IibPrlé : c'est son superllu. Si dans cette circonstance où les citoyen, sonL tourmentés p1r Lous les Gémx de l'in ligence, ce supernu n·est pas employé à la soulager, la République a Je droit de s'en emparer pour celle dc-- lination ... Riches é,.oïstci,, si ,ous ètes sourds aux cris ile l'humanité; si vous Neà insen,ible• au, angoi•ses rle lïndi~enre, écoutez au moins les con,eil:1 clc votre intérN el rénéchissrz : que sont del'enus depuis la Révolution t us ceux qui, comme ,·ou,, n ét1ienl tourmenté, qne du dé,it· insatiable et ,nrdidc du pouvoir el de la rortune? • Ceux-là ne comprennent rien à l'histoire <1ui croient que le futnr ilu.> d'Olranle, plusieurs rois millionnaire, cher de la police et maltre occulte de bien des pouvoirs, n'a pas été sincère en écrivanl ces lignes. li se livrait au soulh·cment de forces énormes, et il jugeail sans doute tout à tait vain de discuter avec elles. Du 10 se1,tembre au 15 c•clobre il prernl, à i'levers ou à :'(antes, une série a·,irr~tés qui instituent des • comi:és philanthropiques » chargt\, <le lcl'cr sur l,'s riches de quoi nourrir les pauvres, qui organisent pour les valide, le droit au Lrarnil, qui déclarent" suspect•, les manufacturiers qui néglit;ent de faire travailler, les entrepreneurs qui ne pourvoient pas à la rnbsistmce de leurs ouvriers •· D,rns les usines, dans le3 forges, notamment à Guérigny, où il ch·,rge Chaumelle de faire un~ enquête, il réglemente le travail dans l'intérêt <'c• ouvriers, il révoque et emprisonne un inspecteur des manufactures trop c1mplaisant aux grands nduslrit'l,. Ainsi il est fort voisin rie celte sorte de c,Jllccti1•isme proposé él'entuelle.nent par Chaumette; et il n'est pas Hra'l,è qu'il y ait accord entre les vues des délégués Lie la Nièvre el celles du procureur de la Commune. Au demeurant, ils témoignent que c'est à lui, pour une large part, c'est-à-dire à. la Commune de Paris, que le Centre doit ce mouvement révolutionnaire et social. L'orateur de la séance du 14octobre à la Commune de Paris, • donne au républicain Chaumette les plus grands éloge,; c'est lui qui, par son ardent civisme et ses nombreuses relations dans ces contrées qui l'ont vu nattre, est parvenu à les préserver des exhalaisons pestilentielles que sournaien t les aristocrates et les malveillants •· Mais si la Commune de Paris, par Chaumelle ( beaucoup plus préoccupé qu'Héberl du côté social des problèmes révolutionnaires) donnait à celle tendance collecliviste une forme vigoureuse et nette, elle ne faisait que formuler

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