iû98 Il lSTOII\E SOCIALISTE et en réhabiliter les divers membres fonctionnaires publics qui ont été destitués illégalement. • Chaumelle, médiocrement surpris sans doute de celle démarche, se leva aussitôt pour requérir: • Je trouve ici deux délits très distincts el plus graves l'un que l'autre. Le crime qu'a commis Jacques Roux, en destituant arbitrairement les fonctionnaires publics, et en lançant les foudres de l'arrestation contre plusieurs citoyens, est, sans contredit, très grave; mais celui quïl a commis en prononçant la dissolution d'une assemblée du peuple souverain, en y portant l'esprit de di,corde el de division, est beaucoup plus répréhensible. Jacques Roux a attenté à la souveraineté du peuple : quiconque se rend coupable ùe ce crin11• c,t un contre-révolution11aire. et tout contre-révolutionnaire doit être puni de mort. » Chaumelle propose donc que le Conseil arrèle « que toutes les dénonciations, chari;es et renseignements contre Jacques Roux, soient renvoyés à l'administration de police, el que néanmoins le Conseil nomme six commissaires pour aller sur-le-champ réorganiser la section des Gravilliers et y rétablir l'ordre. • Ah! que de fois des révolutions de celle sorte avaient été fuites dans les sections du temps où la Commune les disputait aux modérés el aux bourgeois! Mais de Jac<1ues Rou, tout était crime. Hébert s'acharna encore sur lui, l'accusant d'exciter au pillnge, de provoquer à l'insurrection, d'affecter la pnuuelé, tout en distribuant chaque jour des sommes considérables à la section, enfin d·être un hypocrite. « Cel hCJmme dit un jour à l'assemblée électorale qu'il se moquait de la reli 0 ion ; le lendemain, il dil la messe et a coutume de la dire tous les jour-. » I::ufin, l'administrateur de police, Froitlure, annonce • qu'un mandat d' ..mener a élé lancé contre Jaeques Roux el quelques-uns de son parti, el qu'il doit lïnlerroger inces,ammenl. • C'était la conclusion prévnf': comment Jacques Roux aurait-il pn lutter, ayant contre lui Robespierre el lléberl: tous les deux l'appelaient• le prêtre infttme •· Cependant, les amis de Roux ne l'abandonnent pas : une délégation do la section des Gravilliers est choisie (notes communiquées par Bernard Lazare, d'après le registre de la ~ection) pour lïnformer des causes de l'arrestation de Roux. Il est relâché sous caution le 25. Mais l'information continue. On y mèlP, de nouveau, une inculpation de vol. Roux esl accusé d'avoir retenu pour lui une partie de la collecte faite par lui pour de pauvres gens, Tou~ 1~~ témoignages démontrent au contraire son désintéressement et ro générosité. Mais il faut l'abattre par tous les moyens. Le 23 nilôse an li (janvier 179,1)ses accusateurs sont convoqaés devant le tribunal de police criminelle pour déposer contre lui aa sujet de son coup
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