HISTOIRE SOCIALS'l'E 1609 d'Etat dans la section. Et le 25 nivôse, le tribunal, sur les conclusions du citoyen Jacquelet, agent national, se déclare incompétent, à cause de la gravité clc~actes reprochés à Roux : il le renvoie devant le tribunal révolutionnaire, et il ordonne que Roux soit réintégré à Bicêtre, pour y attendre son jugement. Roux, en entendant ce jugement, se frappe de trois coups de couteau. Son courage était à bout: on le lrar,soorta sanglant clans une pièce voisine. LES ju!?es lèvent l'audience et lui demandent comment il s'est porté à un acte « que réprouvent toutes les lois ». Il répondit qu'il y avait été conduit par les outrages et le, inculpations atroces de ses persécut,•urs. li dit• qu'il avait lem~, 1is clc la vie présente et que dan, une autre ,ie un sort heureux attendait le; amis de la liberté •. C'est jusqu'au bout le mélange de libre exaltation chrétienne et de fer- ,,eur révolutionnaire. li recommande au lrihunal et à ses concitoyens l'orph- lin recueilli par lui. li demande, avant de terminer sa carrière, à Mre cou,erl du bonnet rouge, et à recevoir du président le baber de paix et de fraternité, cc que le pré,isitlcnt fait à l'instant. c·est vraiment la fin d'une Ame noble et étrangement lourmenlée. Il ne succomba pas tout de suite, il fut transporlé à l'infirmerie de Bicêtre. 11ais Fouquier•Timille fut informé qu'il tentait « d'épni,-er ses forces» et de se lais•er mourir pour échapper au jugement. Rou~ se frap; a de nomeau et, cette fois, ayant blessé le poumon, il mourut enfin. Le procè;-1er1Jal d'autop,ie du i" ventôse constatait de profondes ùlessures. Ain,i, nobc,1,ierrc tt Héùert avaient eu raison de Jacques Roux. liais la persécution de la Commune fut plus directe. Si étroite que fô.t la doctrine sociale de Jacques Roux, c'était un essai ,le systémalisalion des griefs et des revenùicllions populaires. El elle ne fut pas san, influence sur la politique écono·nique el financière de la Ré,·olution. Bien loin d'adhérer à ce qu'elle avait de sincère el d'audacieux, l'hébutismc ne songea qu'à écraser l'homme qui la représentait avec une où,tination extraordinaire et une force d'espérance qu'il portait au delà même de la mort. Hébert et la Commune furent implacables. ~lais voici, semble-t-il, dans la pensée de Chaumelle des tendances socialistes qui se dégagent. Dans la grande fièvre révolutionnaire de raulomne Llc 1~03,en ces mois de septembre et d'octobre où la llévolution faisait un effort immense pour arracher la ~'rance à la trahison ctà la guerre civile, le peuple à la détresse et à la faim, quand il fallait s'appuyer sur les prolétaires pour contenir partout la bourgeobie aux tend mces girondines, e,t pour imposer aux gros marchands l'nùservation du maximum, alors, oui, Chaumelle a entrevu quela socialisation de lïndustrie, substituant l 1 nation aux fabricants égoïstes
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